Les femmes savante de moliere

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 34 (8375 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 30 novembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Analyse

Intérêt de l’action

Genre : “Les femmes savantes” sont une «grande comédie» avec des éléments de farce qui apportés par Bélise (le quiproquo sur les propos de Clitandre, la répétition du mot «chimères»), les pédants, Trissotin et Vadius, et la servante Martine (son langage où elle se plaît à l’enchaînement de proverbes). C’est une comédie de moeurs aux dialogues étincelants.Originalité : Molière y a mis beaucoup de lui-même, y expose ses propres idées. Il faut même penser que, s’il se déclare alors contre l'émancipation des femmes après avoir défendu, tout au long de son œuvre, leur liberté, il faut presque certainement supposer un grief personnel, une rancune particulière. Au fond, c'était de lui que Molière se moquait, lui qui, après avoir surveillé l'éducationde la toute jeune Armande Béjart, eut la faiblesse d'en faire sa femme, la voyait s'égarer dans la galanterie, les belles manières, le pédantisme, tout l'artificiel de la vie mondaine, devait constater l'échec de son mariage. Seule une blessure profonde, une amertume non cicatrisée peut expliquer ce raidissement. Ce fut la réaction d'un homme usé, d'un homme qui sentait la mort prochaine et qui nepouvait pas pardonner la perte à jamais de tant de joies.
Mais il ne s'est pas privé, selon la tradition classique, d'emprunter à des confrères certains mouvements, certaines anecdotes. Bien avant 1672, il y eut des femmes prétentieuses qui se croyaient capables de rénover les mœurs, la langue, la littérature, la philosophie et voulaient régner autrement que par leurs charmes naturels, et desécrivains s'étaient emparés de ce type de femme pour le ridiculiser. Depuis un siècle, les érudits en ont découvert un grand nombre dont Molière aurait pu se servir :
- “Epicœne or The silent woman” (1609, “La femme silencieuse”), par Ben Johnson, où un pédant ridicule lit ses vers à des précieuses.
- “No hay burlas con amor” (“On ne badine pas avec l'amour”), par Calderon de la Barca (1600-1681),où une fille, Béatrix, se flatte de savoir le grec et le latin et de mépriser l'amour tandis que sa sœur cadette, Léonor, aime la simplicité traditionnelle ; laquelle des deux épousera Don Luis, fils de Don Diégo? «Qu'une femme sache filer, coudre et repasser, elle n'a pas besoin de savoir la grammaire ni de faire des vers», déclare Don Diégo, ce précurseur de Chrysale.
- “Les visionnaires”(1637) par Des Marests de Saint-Sorlin (1595-1676), où trois sœurs ont des «visions» : Mélisse est «amoureuse d'Alexandre le Grand», Sestiane est «amoureuse de la Comédie», Hespérie croit que tous les hommes sont amoureux d'elle :
«Dès que j'ouvris les yeux pour regarder le jour,
Je les ouvris aussi pour donner de l'amour...
Aussi de mon portrait chacun veut la copie,
C'est pourmoi qu'est venu le Roi d'Éthiopie.
Hier j'en blessai trois d'un regard innocent,
D'un autre plus cruel j'en fis mourir un cent.»
- “La comédie des académistes” (vers 1650) par Saint-Évremond (1610-1703), où l'évêque de Grasse, Antoine Godeau (1605-1672), et Guillaume Colletet (1598-1659), tous deux poètes, se querellent à la façon de Vadius et de Trissotin (III, 3), après s'être,comme eux, longuement complimentés.
- “L'académie des femmes” (1661) par Chappuzeau, refonte du “Cercle des femmes” dont Molière s'était peut-être inspiré pour écrire ses “Précieuses ridicules”, où Émilie de la Roque, dont le mari a disparu, s'adonne à la littérature et aux sciences ; quand le baron de la Roque reparaît, il s'élève contre ce mode de vie :
«Dieu me garde d'avoir jamais dans mondonjon
Une femme qui lit Descartes, Casaubon...
Une bonne quenouille en la main d'une femme
Lui sied bien et la met à couvert de tout blâme ;
Son ménage fleurit, la règle va partout,
Et de ses serviteurs elle vient mieux à bout.
Mais un livre, bon Dieu ! Qu'en prétend-elle faire?» (1, 5)

Déroulement : La pièce présente deux aspects :
- la satire, comme...
tracking img