Les fleurs du mal

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  • Publié le : 8 mai 2011
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La Charogne, Fleurs du Mal
Charles Baudelaire

intro: Ce poème extrait des Fleurs de Mal de C.Baudelaire, recueil publié en 1861, censuré pour son inadéquation aux bonnes règles de la morale et de la pudeur, il ose s'attaquer à des motifs peu conventionnels, comme celui de cette «charogne». X XIXe poème de Spleen et Idéal,il reflète bien cette double tendance du poète à se diriger à la foisvers la fascination mélancolique pour le mal et le laid et à tenter de s'élever plus haut vers une Beauté transcendante, idéale. Il décrit un objet horrible , le plus horrible qu'on puisse imaginer et pourtant ce poème est un poème d'amour puisqu'il s'adresse à la femme qu'il aime. Comment expliquer cette étrange manière de s'adresser à l'être aimé? Il convient d'abord de remarquer l'allusionévidente au «memento mori», sujet traditionnel des beaux-arts, de la peinture à la musique en passant par la littérature, depuis l'antiquité, et de voit comment Baudelaire exacerbe la violence du spectacle de la charogne. Il faudra ensuite s'interroger sur la «leçon» que Baudelaire chercher à nous en faire tire: on sait que le memento mori n'a pas la même signification pour le romain de l'antiquitéque pour le chrétien qqs siècles plus tard. On verra donc comment Baudelaire nous propose une vision ni épicurienne, ni chrétienne, mais ironique et cynique de ce thème du memento mori. Enfin, on s'interrogera sur le fait que Baudelaire mêle ce thème à celui de l'amour. N'y-a-t-il là qu'un cynisme gratuit de plus, ou est-ce un signe que l'amour et la poésie sont capables de sublimer ce quisemblait être le comble de la laideur?
I/ Une vanité violente
Ce poème rejoint la tradition du «memento mori», de la vanité. (memento mori = Rappelez-vous que vous allez mourir). Structure habituelle : contemplation d’un objet qui évoque la mort puis comparaison avec l’homme ici la femme aimée «et pourtant vous serez semblable à cette ordure».
1°) Premier choc : Éros et Thanatos
L’effet de violenceest recherché dès la construction de la strophe 1 : deux vers de calme beauté (sonorités douces et vers 2 frise le cliché) ménagent un effet de surprise par contraste (avec charogne infâme à la rime, en antithèse avec «mon âme», mise en parallèle qui annonce la violence de la comparaison finale).
Cet effet trouve peut-être son apogée dans la seconde strophe où Éros et Thanatos sont plus mêlés :le poèmes devient carrément érotique (lubrique, le ventre ouvert évoque la femme en position amoureuse).

2°) Le choc entre le vivant et le mort
La mort est rendue violente par la vie qui se dégage d’elle, elle semble ainsi menaçante : cela grâce au grouillement des vers et des mouches (les noirs bataillons), que les verbes (bourdonnaient, sortaient, coulaient, s’élançaient en pétillant,vivait) mettent en mouvement. Elle est vivante «comme une fleur» qui s’épanouit. Cette comparaison est violente dans son caractère inattendu. Et, en rime interne, Baudelaire fait encore rimer «fleur» avec «puanteur»…
Elle se nourrit aussi du vivant (les vers mangeront la belle) comme le vivant se nourrit d’elle (la chienne, les floraisons «grasses», cuire) : il y a là une frontière qui s’efface entrele mort et le vivant, en même temps que la forme de la charogne (les formes s’effaçaient…) et cet effacement est inquiétant.

3°) Le triomphe violent de la mort
Il y a des figures d’exagération, d’amplification, qui montrent que la mort est gagnante : l’oxymore de la «carcasse superbe» n’en est peut-être pas un. Elle est «superbe» au sens latin parce qu’elle est plus «forte» que le vivant ou lafemme aimée. Elle est «un monde» et pas seulement un objet. «infâme», «était si forte que», «putride», «tout cela» : nombreuses sont les formes hyperboliques qui la désigne et qui lui donnent de la force, même si elles ne sont pas forcément de connotation positive.
II/ L'ironie de la leçon à en tirer
1°) Le ton ironique
Il y a une ironie cynique cependant qui déjoue un peu l‘effet...
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