Les fourbins

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 2 (348 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 25 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Comédie en trois actes et en prose de Molière, pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), Les Fourberies de Scapin fut créé à Paris au théâtre du Palais-Royal le 24 mai 1671, et publié à Parisla même année.
Avec les Fourberies, Molière a voulu — écrit R. Jasinski — «rallier les amateurs de gaieté quand prédominaient les spectacles tragiques». Cette intention, si différente de celle quilui fait donner la même année la tragédie-ballet de Psyché, est attestée sous forme de reproche dans des vers célèbres de Boileau, au IIIe chant de son Art poétique: Molière eût pu prétendre au titrede prince des poètes comiques s’il n’eût «quitté, pour le bouffon, l’agréable et le fin, / Et sans honte à Térence allié Tabarin. / Dans ce sac ridicule où Scapin s’enveloppe, / Je ne reconnais plusl’auteur du Misanthrope». Térence, Tabarin: la formule est juste, quoique incomplète. Les Fourberies de Scapin reprennent en effet l’intrigue du Phormion de Térence et empruntent aux farces tabariniquesla scène du sac bâtonné (III, 2). Mais il faut aussi rendre au Pédant joué de Cyrano de Bergerac (1654) la paternité de la fameuse réplique — «Que diable allait-il faire dans cette galère?» — prononcéepar Géronte à l’acte II, scène 7, et surtout souligner, à côté des traditions latine et française, l’influence du théâtre italien. Non seulement la scène se situe à Naples, mais les deux vieillardsportent des masques comme dans la commedia dell’arte; quant au personnage principal, il vient tout droit d’outre-monts: Molière l’a trouvé dans l’Inavvertito ovvero Scappino disturbato e Mezzetinotravagliato de Beltrame (1629) qu’il avait imité dans l’Étourdi au début de sa carrière.
Nous sommes ici à la scène deuxième de l’acte III, autrement dit à la fin de la pièce. Scapin, le valet, entend sevenger de Géronte qui prétend avoir appris de Scapin lui-même que Léandre, fils de Géronte, aimait une esclave, Zerbinette. Il s’agira d’étudier le comique de cette scène.
Nous verrons dans une...
tracking img