Les images de la laideur et de l'horreur peuvent-elles constituer des objets poétiques ?

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  • Publié le : 22 mars 2011
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Les poètes ont, depuis presque toujours, été inspirés par la beauté.
En effet le poète écrit sous l'influence d'une muse, la beauté étant incarnée le plus souvent par la nature, la femme et la divinité. Bien que la majorité des œuvres poétiques soit inspirées par la contemplation du beau, les images de la laideur et de l'horreur peuvent-elles aussi constituer des objets poétiques ?
Afin detrouver une réponse, nous nous intéresserons en premier lieu aux différentes formes de la poésie dans la représentation de la laideur.
Puis en second lieu nous nous pencherons sur les différents thèmes de ces poésies.
Et enfin nous étudierons la subjectivité de leur auteur.

La poésie prend plusieurs formes selon l'époque et selon le poète. Tout d'abord, Jean-Baptiste Chassignet ainsi quePierre de Ronsard, au XVIe siècle début XVIIe, écrivent des sonnets composés de deux quatrains et deux tercets.
Puis au XIXe siècle on trouve chez Charles Baudelaire des poèmes en prose que celui ci n'a pas inventés puisqu'il s'est inspiré d'Aloysuis Bertrand. Cela ne manqua pas d'inspirer d'autre poète par la suite, tels que Francis Ponge ou encore Aimé Césaire.
En effet dans Le Parti pris deschoses, Ponge exprime une grande modernité dans la forme de ses poèmes car il les construit sous forme de définition. Dans « L'huître » par exemple, le poète fait une description abordant plusieurs degrés : pratique, symbolique sur le monde, sur la création.
La première ligne « L'huître, de la grosseur d'un galet moyen […] » désigne bien, telle une définition, l'aspect concret et visuel du mollusque.Aussi l'extrait du Cahier d'un retour au pays natal, «Le nègre dans le tramway», est un texte poétique qui n'est pas versifié et qui ne forme pas une unité complète, il s'agit bien d'un poème en prose. On trouve par contre chez Verlaine, des vers animés par une respiration, qui suivent un battement de mesure ce qui installe une forme poétique linéaire, proche de la prose.
Et enfin Apollinaire,au XXe siècle, nous expose un poème en vers libres, composés seulement d'assonances et non de rimes, et dont la ponctuation est absente laissant ainsi la liberté au lecteur d'interpréter son texte.

La poésie aborde également plusieurs thèmes différents au fil des siècles. En effet Chassignet traite dans l'extrait de son recueil Le Mépris de la vie et consolation contre la mort, d'un cadavre endécomposition. Il utilise pour cela le champs lexical de la putréfaction, avec «décharné», «dénervé» vers 3 mais aussi «dépoulpés», «dénoués» vers 4 et «pourriture» vers 5.
Ronsard quant à lui, dans un passage de son recueil Sonnets pour Hélène, écrit une déclaration d'amour bien particulière dans laquelle il projette Hélène dans un futur horrible de décrépitude.
Ensuite Baudelaire, précurseurde la poésie moderne, aborde le thème de la femme dans toutes les Fleurs du Mal. Ses poèmes sont particulièrement révélateurs de cette esthétique de la laideur propre à lui : la laideur, l'horreur, le mal, deviennent des objets poétiques dont on peut faire surgir la beauté, le beau.
C'est en ce sens que l'on peut aussi dire que ses poème sont modernes, parce qu'il prend pour objet poétique lalaideur et l'horreur.
En composant son recueil, Francis Ponge y dresse une liste d'objets pour le moins quotidiens – le pain, les escargots, le cageot, le feu – et nous en donne sa propre définition, bien loin de ce que l'on trouverait dans un dictionnaire. Aussi celui ci découvre dans l'huître « tout un monde »: en effet, le « grossier » mollusque devient un objet de contemplation ! On retrouveici également une modernité dans l'idée.
Pour ce qui est de Césaire, dans «Le nègre dans le tramway», il dresse le portrait très péjoratif d'un noir, en étant un lui même, pour mieux accuser le racisme. Pour se faire il utilise des comparaisons et des métaphores telles que « […] grand comme un pongo » ligne 5 et « Un gros oreillard (…) » ligne 9, ce qui donne une image animale du personnage et...
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