Les jeunes et la mode

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  • Publié le : 11 avril 2010
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Avant-Projet Personnel
Travail présenté à
Guy Châtelain
Jessica Hainault
École secondaire Ozias-Leduc
Lundi, 12 avril 2010.
On remarque sensiblement les mêmes progrès du côté des magazines pour adolescentes. Christina Kelly, rédactrice en chef du magazine américain YM, a fait la manchette quand elle a annoncé qu’elle ne publierait plus d’articles sur les régimes et que certainsreportages de mode utiliseraient des mannequins plus en chair. Jean Kilbourne, une militante de l’image des femmes dans les médias, a salué l’initiative en déclarant : « Tout magazine qui prétend s’adresser aux femmes et aux filles devrait s’interdire de parler de régimes... Ce serait merveilleux si d’autres rédactrices en chef avaient le courage d’emboîter le pas. » Même si l’essentiel desarticles des magazines pour adolescentes porte toujours sur la mode, la beauté et les relations avec les gars, certains sujets plus « sérieux » comme la violence au féminin ou les troubles alimentaires sont abordés dans les pages de Filles d’aujourd’hui ou Adorable.
L'obsession des médias pour la minceur et la jeunesse aurait, selon certains spécialistes, des racines économiques. En présentant unidéal difficile à atteindre et à maintenir, on assure la croissance et la rentabilité de l'industrie des produits amincissants et des cures de jouvence. Les femmes inquiètes de leur apparence sont plus susceptibles d'acheter des produits de beauté, de nouveaux vêtements et des produits de régime. Ces derniers à eux seuls rapporteraient 160 milliards de dollars par année.
«Ah non! pas encore lesmannequins maigres!» ont rouspété en choeur les gens de la mode interrogés pour ce reportage. En fait, ils sont presque aussi lassés d'en parler... que bien des femmes d'en voir à longueur de journée, dans les abribus, dans les pages des magazines, envahissant les pubs et la télé, s'affichant comme le «corps officiel» – pour reprendre l'expression de la féministe Naomi Wolf (_The Beauty _Myth) – àaduler, à imiter.

Ce n'est pas d'hier que la taille des mannequins fait tiquer. Non sans raison d'ailleurs, puisque, au cours des derniers mois, deux tops uruguayennes et une top brésilienne sont mortes d'anorexie et de dénutrition, ravivant le débat à propos de l'influence de la mode sur les anorexiques. Un débat qu'on ne peut ignorer, vu la progression de ce trouble complexe dans notresociété.

Dès lors, on peut se demander si on n'est pas allé trop loin dans la recherche de la silhouette parfaite, «d'une étroitesse incroyable, avec des bras et des jambes interminables, un cou très long et une très petite tête», comme la décrivait déjà Karl Lagerfeld en 2005 dans le quotidien français Libération. Depuis la controverse de Madrid l'an dernier (voir Le poids fait loi ), où les autoritésont légiféré pour que les modèles embauchées aux défilés affichent un indice de masse corporelle (voir l'IMC) d'au moins 18, le sujet a fait couler beaucoup d'encre et eu des répercussions, mais n'a curieusement délié que peu de langues sur les causes du phénomène.

À croire que la plupart des designers, des stylistes, des photographes de mode et des responsables des magazines qui lesemploient, considèrent la chose comme un faux débat, qui nuit à leur créativité, à leur liberté d'expression, et s'avère dépassé, voire complètement out! Après tout, les mannequins ont toujours été minces, de Twiggy, dans les années 60, à Kate Moss, Irina Lazareanu ou Gemma Ward, les tops du moment. Dans ce contexte, on ne comprend guère que quelques kilos en moins puissent énerver à ce point.

Est-ceque l'industrie de la mode sous-estimerait son influence sur les femmes? Pourtant, c'est bien là son but: vendre un look, un style, une façon d'être. Et pour y arriver, elle ne recule devant rien pour nous présenter des images de beauté et de perfection extrêmes, léchées et retouchées. «La mode, c'est fait pour rêver», dit Denis Desro, rédacteur en chef mode à ELLE QUÉBEC. «Les mannequins...
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