Les jeux de l'amour et du hasard de marivaux

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  • Publié le : 17 juin 2010
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« Le jeu de l’amour et du hasard », Acte I, scène 1.

De « Quoi vous n’épouserez…. » à « …. qui a vécu avec lui ? ».

Introduction

Ce dialogue se situe au centre de la 1ère scène de « Le Jeu de l’amour et du hasard », la femme de chambre de Silvia, Lisette, vient raconter à sa maîtresse l’entretien qu’elle a eu avec le vieux gentilhomme, Mr Orgon : elle est vouée à être mariée par son pèreà un prétendant qu’elle n’a jamais vu. Orgon a demandé à Lisette si ce projet de mariage plaisait à sa fille, elle lui répondit en toute liberté que Silvia était mécontente de cette initiative, cette idée lui déplaît. Or le ton montre entre les deux personnages si bien que le débat se centre sur les charmes et les dangers du mariage. Cette 1ère scène confirme ses fonctions d’expositionpuisqu’elle présente l’héroïne Silvia ; sa servante Lisette et au delà du discours un jeune homme que Mr Orgon souhaite faire épouser à sa fille. Ainsi l’enjeu de l’action est-il posé : Silvia épousera-t-elle le jeune homme ? Ce dialogue révèle précisément les incertitudes et les rêves que ce mariage fait naitre chez les deux jeunes filles, leur conversation se transforme en querelle sur la définition du mariidéal. Voici donc deux points de vue opposés.

I. Deux jeunes filles face à l’avenir : quel avenir ?

a) Les incertitudes de Silvia

Elle parait incertaine de son avenir et désir pourtant décider de son sort. Son père a décidé de la marier avec un homme qu’elle ne connait pas. C’est une situation classique à l’époque mais modulé car ici Orgon se préoccupe des sentiments de sa fille. Lesincertitudes de Silvia sont marquées dans le texte par les interrogations : « que sais-je ? », « qui a vécu avec lui ? », mais aussi par les adverbes modalisateurs comme « peut être ». Cette incertitude porte sur l’avenir comme le suggère l’emploi du futur « Conviendra-t-il peut être », et du conditionnel « Je pourrai ». Apparait alors un autre côté du caractère de Silvia, son exigence de vérité,elle semble avoir déjà réfléchi aux dangers du mariage et dispose d’un grand sens de l’observation qu’elle met en évidente à la fin de la scène 1 (3 portraits hypocrites).

b) Optimisme de Lisette

Elle est d’abord surprise devant les réactions de sa maîtresse à l’idée du mariage d’où ses exclamations « vertuchou », « voilà une pensée bien hétéroclite »,… Elle est conforme à l’usage que l’onpratique du mariage, elle ne comprend pas que l’on puisse refuser un beau mariage ou un bel homme comme le confirme les interrogations qui soulèvent cette énigme « quoi, vous n’épouserez pas celui qu’il vous destine ? », « que voulez vous de plus ? », et l’interrogation rhétorique (= interrogation qui n’attend pas de réponse) : « peut-on se figurer de mariage plus doux et d’union plus délicieuse ? ».Lisette est donc optimiste et tente cependant de rassurer sa maîtresse sur l’avenir en dressant le portrait de l’homme idéal.

c) Le portrait de l’homme idéal

Avant que son nom soit prononcé (par Dorante, scène 2), ou qu’il ne paraisse chez Orgon (scène 5), le jeune homme est présenté par Lisette comme un modèle d’homme et de mari. En deux répliques elle rapporte tout ce qu’il y a de flatteurdans la réputation de Dorante en manipulant le superlatif et l’hyperbole. Elle dit « un des plus honnête », « on ne peut avoir plus d’esprit », « on ne serait être d’un meilleur caractère », et les termes mélioratifs comme « bien fait », « aimable », « de bonne mine ». Elle fait l’éloge du physique et du moral dans une longue phrase qui joue sur des parallélismes de construction : « Aimable, bienfait, voilà de quoi vivre pour l’amour, social, et spirituel, voilà pour l’entretien de la société ». D’où sa conclusion : « tout en sera bon dans cet homme là, l’utile et l’agréable, tout s’y trouve ». Or pour renforcer son argumentation, elle laisse entendre qu’un tel homme s’il n’était honnête pourrait bien « épouser » les jeunes filles « sans cérémonie » (mœurs libertine). C’est justement...
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