Les justes de camus

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1517 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 9 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Lecture analytique 2 : Acte III depuis « Kaliayev, se levant dans une grande agitation » jusqu’à « Personne ne t’aimera jamais comme je t’aime ». | |
Introduction :
✓ Rappels biographiques : Camus, homme de théâtre, qui a été directeur de troupe, adaptateur de textes (notamment de Dostoïevski) et dramaturge lui-même.
✓ Les cycles chez Camus : Absurde avec Caligula et Le Malentendu ; etRévoltés avec L’Etat de Siège et Les Justes.
✓ Rétrécir le champ et parler de la pièce elle-même : rappel historique par Camus lui-même en introduction du texte + questionnement que pose la pièce : légitimité de l’acte violent en politique ?
✓ Situation du passage :
➢ Première tentative d’attentat qui a échoué : les enfants sur le carrosse
➢ Acte III : Voinov est enproie au doute et quitte le groupe terroriste car il n’est « pas fait pour la terreur » (p.76). Il ira servir l’action du parti socialiste révolutionnaire à la propagande.
➢ Juste avant notre passage : conversation entre Annenkov et Voinov puis annonce aux autres de son départ.
➢ Notre scène : pour la première fois, Dora et Kaliayev, amants, se retrouvent seuls...

✓Enjeux et problématique de ce passage : Notre passage arrive donc après le premier échec de l’attentat : Kaliayev n’a pas pu se résoudre à tuer des enfants. L’enjeu, désormais, sera de savoir s’il restera ferme pour le prochain attentat ou s’il commence à douter de sa volonté d’action directe. Dora saura-t-elle le rassurer et l’aider à se préparer à recommencer ?
✓ Annonce du plan :
Nous verronsen quoi cette scène marque la fin de l’aveuglement de Kaliayev et le début du doute profond qui l’envahit, pour ensuite voir que cette scène est le lieu d’une réelle confrontation entre deux amours indissociables, l’amour du peuple face à l’amour égoïste de deux jeunes gens qui s’aiment.

I/ Fin de l’aveuglement de K. et début de doutes profonds
1) fin de l’exaltation révolutionnaire

✓Déjà dans la réplique précédente : « il y a dix jours » ≠ « aujourd’hui » : confrontation PASSÉ/PRÉSENT
>> Imparfait dans la réplique « je ne savais pas » ; « je croyais » « l’idée suffisait »…

✓ Avant : des certitudes (champ lexical « je savais », « je croyais »… / aujourd’hui la prise de conscience d’une réalité (« aujourd’hui je sais ce que je ne savais pas »)

✓ Un rested’exaltation : ponctuation expressive : « Mais j’irai jusqu’au bout ! Plus loin que la haine ! »

Mais : rupture avec la suite car Kaliayev fait des phrases de plus en plus courtes, pour finir par rester silencieux (voir didascalie dans la dernière réplique de Dora)

2) une prise de conscience : découverte de la haine nécessaire

✓ Forte opposition entre hier et aujourd’hui
✓ « Mais je nesuis pas si grand »/ « Mais j’irai jusqu’au bout » : la conjonction de coordination marque l’opposition, et montre le retour à la réalité que vit Kaliayev
✓ utilisation d’un présent de vérité générale : nouvelle certitude : « Il n’y a pas de bonheur dans la haine »
✓ Champ lexical de la violence et du meurtre :
- « le meurtre, la lâcheté, l’injustice » : énumération, rythme ternaire etgradation >> procédés d’insistance qui montre le choc de Kaliayev face à cette violence
- « il faut que je le tue » répété 2 fois
- « tout ce mal, tout ce mal en moi… » : répétition anaphorique du mot « mal » >> encore procédé d’insistance sur la prise de conscience de Kaliayev qui découvre la réalité de sa condition de terroriste.
- Dora : « il y a trop de sang, trop de dure violence »- « flamme de la vengeance »
✓ Champ lexical de l’obligation : « il faut que » répété : martèlement pour se convaincre ? pour se donner du courage ?
✓ Ponctuation : les points de suspension peuvent dire de manière tacite l’horreur de sa prise de conscience (on l’a dit : K. est un personnage qui est tourné du coté de la vie, et là il est dans l’obligation d’être du coté du meurtre...
tracking img