Les lettres persanes: le statut de la femme selon montesquieu et rousseau

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  • Publié le : 30 mars 2011
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INTRODUCTION
L’objet de ce travail consiste à mettre en évidence la problématique de la femme après la lecture et l’analyse de l’ouvrage « Les lettres persanes » de Montesquieu. Tout d’abord, nous tenons à replacer la vision de ce philosophe dans le contexte des idées des lumières. Nous voulons également souligner l’importance de son roman qui témoigne d’une conception de la femme à une époqueou l’obscurantisme fait figure de chef sous le règne de Louis XIV. Notre travail portera principalement sur le rôle et la position de la femme dans la société du XVIIIème siècle. Pour ce faire, nous nous baserons sur les écrits de deux auteurs de ce siècle afin d’analyser leurs idées principales du statut de la femme. Le choix de Charles-louis de Montesquieu et de Jean-Jacques Rousseau n’est pasarbitraire car nous verrons au fur et à mesure de l’agencement de notre travail qu’ils partagent un peu près la même vision de la femme. Dès lors, nous pouvons se demander si leurs pensées par rapport au statut et le rôle de la femme dans la société leur sont révélées après un examen critique du sujet ou c’est plutôt l’influence du contexte des idées répandues à l’époque qui, finalement, inspiraleurs récits. Nous utiliserons en guise d’illustration la contradiction de leurs idées en évoquant la pensée de Diderot, un autre écrivain du siècle des lumières.
Dans un premier temps, nous nous attacherons à l’importance du contexte de l’époque en mettant en évidence la vision générale de la femme au XVIIIème siècle et ses fondements. Nous essayerons ensuite d’analyser la conception de Montesquieuen se référant à son ouvrage « Les lettres persanes ». Ensuite, nous examinerons les similitudes et les différences avec la vision de Rousseau, un autre auteur des lumières, et cela, en se référant à son ouvrage « l’Emile ou de l’éducation ». Nous procéderons ainsi à une sorte de parallélisme entre la vision de chaque auteur et la relation qu’elle a avec la conception féminine générale répandue àleur époque. Nous apporterons, enfin, une illustration de la position contraire de Diderot en ce qui concerne sa conception de la femme. Une fois toutes les visions exposées, nous accorderons un intérêt particulier à l’actualité de la question en examinant les évolutions qu’à connu le statut de la femme jusqu’à nos jours. Nous terminerons donc notre travail par un petit aperçu des changements quiont survenus jusqu’à aujourd’hui dans l’évolution de la perception féminine et nous ne manquerons pas de montrer la position actuelle de la femme après tant de combats.

I. La perception de la femme au XVIIIème siècle
La société occidentale au XVIIIe siècle, et même avant, avait une vision négative de la femme, qui trouvait son fondement dans la nature des choses et en se référant àcertains mythes religieux. En effet, la femme à cette époque est considérée comme un être inférieur de part sa faiblesse physique et intellectuelle. Cette faiblesse vient du fait qu’elle fut créée à partir de l’homme et non pas en même temps que l’homme, ce qui lui prévaut un statut de subordination à celui dont elle provient. Nous pouvons citer à ce propos la fameuse histoire qui raconte comment lapremière femme, Eve, a péché en incitant Adam à manger le fruit défendu[1]. Cette histoire que l’on trouve dans la mythologie judéo-chrétienne démontre à quel point les femmes sont la cause principale de tous les maux dont souffrent les hommes. Ainsi «l’idée de la faiblesse physique et morale de la femme apparait comme une évidence..»[2]. Nous trouvons ce genre de réflexions chez beaucoup d’auteurs del’époque qui ont participé, à travers leurs écrits, à encrer cette perception de la femme dans les mentalités. C’est à partir de cette vision qu’on va décider du statut et de la position de celle-ci dans la société. Autrement dit, la femme aura principalement la tache d’une mère ménagère qui ne doit s’occuper que de son foyer et de ses enfants et qui ne doit obéir qu’à son mari pour remplir...
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