Les liaison dangeureuse lettre 141

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  • Publié le : 24 novembre 2011
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Les liaisons dangeureuses
Le commentaire de la lettre incluse dans la lettre CXLI ( 141 )

Pour saisir l’impact de cette lettre qui va précipiter le dénouement et blesser à mort Mme de Tourvel, il faut rappeler qu’elle est écrite par Mme de Merteuil, sans doute secrètement amoureuse de Valmont. Elle est incluse dans une lettre qu’adresse Mme de Merteuil au Vicomte pour lui rappeler lesprincipes qu’ils se doivent de respecter, l’anti-morale à laquelle ils se sont assujettis. Pour sauver la face, Valmont enverra cette lettre à Mme de Tourvel, malgré la passion qu’il ressent pour elle. Ensuite, dans le duel qui l’opposera à Danceny, il choisira la mort. Cette lettre est donc un coup de poignard. Son impact est terrible, alors qu’elle emprunte un ton apparemment léger et badin. C’est lafausse désinvolture de la lettre de la lettre que nous étudierons avant d’en mettre au jour la véritable cruauté.

PLAN :
Introduction
I. Une feinte désinvolture
II. Une cruauté insigne
III. Le libertinage, dans son rapport à autrui et dans son rapport au temps
Conclusion

Introduction

I. Une feinte désinvolture
a) Un refrain de chanson
C’est surtout le refrain qui, en donnant àcette lettre l’apparence d’une chanson, lui donne une visible gaieté, une feinte badinerie : « ce n’est pas ma faute » vient clore chaque court paragraphe composant la lettre. Il forme une antienne à la fois amusante, mais aussi lancinante. Or ce refrain insiste sur l’irresponsabilité de l’épistolier, qui a bonne conscience parce qu’il respecte une « Loi de la nature ». Rien de grave,apparemment.

b) Les procédés de dédramatisation
L’appellatif « mon Ange », au début et à la fin de la lettre, lui confère un fausse douceur mièvre et mielleuse. Il faut savoir que cet appellatif n’est de mise qu’entre amants, au XVIIIe siècle. Cet appellatif vise à maintenir un ton enjoué et faussement tendre. Le mot « aventure » du deuxième paragraphe a également pour finalité de ramener l’histoireentre Valmont et Mme de Tourvel à une histoire légère, sans lendemain.

c) L’amour en jeu
La fin de la lettre – l’invite à prendre un autre amant – transforme l’aventure amoureuse vécue en histoire purement galante, en aventure sexuelle, en pur libertinage : « Choisis un autre Amant comme j’ai fait une autre Maîtresse. » Par sa symétrie, cette phrase injonctive fait de l’amour un jeu enfantin.Les majuscules affectant « Amant » et « Maîtresse » sont ironiques : ces termes désignent moins des êtres uniques que de simples rôles théâtraux interchangeables. L’amour se réduit aux limites d’une relation sexuelle dédramatisée, vidée de tout contenu sentimental.

II. Une cruauté insigne
a) L’abjection de l’autre
Cette lettre est d’une extraordinaire perfidie et elle cherche à priver ledestinataire de son honneur. Ainsi, elle présente comme un simple « exemple » destiné à illustrer une thèse, le pire reproche qu’elle fait, de manière injuste, à Mme de Tourvel. Valmont, en devenant l’épistolier, relie sa propre inconstance au manque de vertu de Mme de Tourvel, dans le troisième paragraphe. Quand on connaît la force de la vertu de Mme de Tourvel, combien elle a lutté contre sessentiments naissants, on mesure quelle est la cruauté de la comparaison d’égalité qu’établit la phrase hypothétique suivante : « Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu… » En même temps qu’il se déleste de tout sentiment de culpabilité, il en charge ainsi la destinataire.

b) La mise à mort
Autre flèche décochée à l’adresse de l’amoureuse Mme de Tourvel, Valmont se prétenddéjà épris d’une autre femme : « je t’ai trompée », « Aujourd’hui une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. » On notera la force de l’adverbe « éperdument », et on relèvera le verbe « sacrifie » qui est à prendre en fait à son sens plein. Nous assistons à un sacrifice, à une mise à mort. L’adjectif « mortels » du deuxième paragraphe doit être relevé : c’est certes une hyperbole...
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