Les liaisons dangereuses

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  • Publié le : 4 mars 2010
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Choderlos de Laclos, Les Liaisons Dangereuses, (1782)

Introduction
Au dix huitième siècle la France est à l’apogée de cette civilisation aristocratique qui a fait sa réputation. Son rayonnement politique et artistique domine l’occident.
Cette apogée se situe vers 1745 quand le roi Louis XV reçoit de son peuple le surnom de “bien aimé.” Il avait hérité de son arrière grand-père, “le roisoleil,” un système de gouvernement monarchique absolu et une France aux frontières sûres. Son pays connaissait une paix et une prospérité relative comparée aux guerres sanglantes et ruineuses du siècle précédant. La population augmentait, l’agriculture et l’industrie profitaient des progrès scientifiques. Le commerce prospérait grâce à l’activité intense de la traite des esclaves et les lettres etles arts fleurissaient. Mais, pour améliorée qu’elle soit la situation était loin d’être parfaite.
Dans cette France de l’ancien régime règne l’inégalité:
• inégalité dans la répartition des richesses
• inégalité entre les différentes couches sociales
• inégalité entre Paris et la province
• inégalité entre l’homme et la femme
La société est partagée entre 3 sections verticales correspondantaux “Ordres” :
1. la noblesse qui comprend un demi-million d’individus
2. le clergé qui en comprend cent cinquante mille
3. le tiers-état (bourgeois et paysans) les vingt quatre millions et demi qui restent.
Mais à l’intérieur de chaque ordre, la fortune est le critère majeur de différenciation qui répartit les membres en “strates” ou “classes”.
La noblesse est particulièrement vulnérableà cette pression exercée par l’argent.
A la noblesse ancienne d’origine chevaleresque dont la réputation repose sur le nom, la fortune terrienne, les charges et les grades dans l’armée, vient se greffer une noblesse de robe constituée de bourgeois anoblis qui, en récompense de services rendus à l’état, reçoivent la permission d’acheter un titre. Ces nouveaux nobles sont souvent beaucoup plusriches que les anciens et, bien que l’ancien ordre nobiliaire entiché de “distinctions” et de cérémonies soit jaloux de ses prérogatives et peu enclin aux mésalliances, on assiste de plus en plus au dix huitième siècle au fusionnement de ces deux types de noblesse par le mariage. D’où l’ambivalence de cette haute société: d’un coté le grand air, le charme, le raffinement et l’idéal chevaleresque, etde l’autre cette préoccupation continuelle pour trouver de l’argent que justifie les requêtes en faveurs, le jeu et le trafic des femmes par le biais du mariage.
Ces moyens de s’enrichir sont les seuls possibles, car le noble français convaincu de la supériorité que lui confère sa naissance refuse tout travail lié à la notion de développement économique et associé à l’argent. Il le réserve auroturier (bourgeois, artisan, ou paysan) qu’il considère comme un être congénitalement inférieur. Se mêler de commerce ou d’industrie serait “déroger,” s’abaisser, perdre son rang et sa dignité.
Une telle attitude permettra au tiers-état de prendre une importance économique primordiale et de revendiquer un rôle politique. Cette classe bourgeoise laborieuse, économe, au code moral strict, mépriseraet critiquera ces nobles arrogants, jouisseurs et gaspilleurs aux mœurs dissolues.

La révolution de 1789 substituera à leur mentalité oisive et libertine un idéal de vertu et de travail.

Après l’argent, la grande préoccupation des aristocrates de l’ancien régime, née en grande partie de leur désœuvrement, est l’amour. Quand il n’est pas à la guerre ou à la chasse, l’aristocrate est dans unsalon à faire sa cour aux femmes, à les amuser et à s’en faire aimer. Les jeux amoureux avaient déjà été codifiés comme jeux de société par les “Précieuses” ou premières féministes du temps de Louis XIV. Mais au 17ème siècle les moeurs étaient strictes et les amours permises étaient platoniques. Au dix huitième siècle, au contraire, les moeurs se relâchent. Une révolution intellectuelle et...
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