Les liaisons dangereuses

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  • Publié le : 20 mars 2010
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1)      Cécile Volanges.
 
ü      Cécile  est le produit d’une éducation normative.
 
            A travers son personnage, l’auteur nous fait une critique indirecte de l’éducation des jeunes filles. Cécile sort du couvent et est le résultat de l’éducation qu’elle y a reçue, « éducation cloîtrée » qui ne prépare pas les jeunes filles à décrypter les signes du monde. Elle ne sait pas avecqui on veut la marier et, ignorante parfaite, incarne une proie de choix pour les libertins.
 
Dans la première lettre du roman, on découvre ainsi qu’elle a reçu une éducation rudimentaire au couvent : « j’ai ma harpe, mon dessin, et des livres comme au couvent ».
 
Le récit s’ouvre en effet sur l’entrée dans le monde de Cécile, jeune fille tout juste sortie du couvent : il s’agit d’unprocédé traditionnel du roman.
 
Dans la 1ère lettre, Cécile écrit à sa correspondante de prédilection, Sophie Carnay, dont on ne lira aucune lettre. En effet, ses réponses sont lisibles uniquement à partir des références qu’en donne Cécile. La 1ère lettre montre l’ignorance totale de Cécile des codes du monde dans lequel elle entre : elle prend le cordonnier pour l’époux qu’on lui destine,incapable de reconnaître les codes de la tenue vestimentaire ni ceux du langage. La lettre 3 donne une autre  idée de la gaucherie de la jeune fille lors de sa première sortie dans le monde. Cependant, le schéma du roman d’apprentissage est perverti. En effet, Mme de Volanges ne remplit pas son rôle d’éducatrice, car elle préfère laisser sa fille dans l’ignorance pour préserver sa « pureté ». Ainsi,elle laisse le champ libre à la marquise qui ne parvient pas pour autant à initier Cécile à sa « philosophie «  libertine ; rien ne modifie le caractère, ou plutôt le tempérament, de la jeune fille. Mme de Merteuil renoncera à la « former » parce qu’elle la trouve stupide :
 
« J’avais eu quelque envie d’en faire au moins une intrigante subalterne et de la prendre pour jouer les seconds sousmoi : mais je vois qu’il n’y a pas d’étoffe ; elle a une sotte ingénuité qui n’a pas cédé même au spécifique que vous avez employé, lequel pourtant n’en manque guère ; et c’est, selon moi, la maladie la plus dangereuse qu’une femme puisse avoir. Elle dénote, surtout, une faiblesse de caractère presque toujours incurable et qui s’oppose à tout ; de sorte que, tandis que nous nous occuperions à formercette petite fille pour l’intrigue, nous n’en ferions qu’une femme facile » (106)
 
Cécile, grâce aux conseils de Mme de Merteuil, développe essentiellement ses virtualités de femme charnelle. En ce sens, son évolution ultérieure donne à penser qu’elle incarne la nature charnelle de la femme. D’ailleurs, pour Mme de merteuil, « Ces sortes de femmes ne sont absolument que des machines àplaisir » (106).  Ainsi s’amorce une scission entre nature et culture. Cécile est le pur produit d’une éducation confinée : quand elle sort du couvent, elle ignore tout de la vie, et sa mère continue à la maintenir dans un état d’absolue dépendante. Un moment, elle espère être considérée comme une adulte :
« Maman m’a consultée surtout ; elle me traite beaucoup moins en pensionnaire que par le passé » (1) 
Mais elle ne cesse de se plaindre de l’ignorance dans laquelle la tient sa mère à propos de ses projets de mariage :
« on ne m’a encor parlé de rien ; et sans les apprêts que je vois faire, et la quantité d’ouvrières qui viennent toutes pour moi, je croirais qu’on ne songe pas à ma marier, et que c’est un radotage de plus de la bonne Joséphine » (1)
 
Il lui faudra attendre du 3 au 27août pour apprendre qui elle doit épouser et quand :
« C’est M ; le comte de Gercourt que je dois épouser, et ce doit être au mois d’octobre. Il est riche, il est homme de qualité, il est colon el du régiment de…Jusqu-là tout va fort bien. Mais d’abord il est vieux : figure-toi qu’il a au moins trente-six ans ! et puis Mme de Merteuil dit qu’il est triste et sévère, et qu’elle craint que...
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