Les liaisons dangeureuses

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  • Publié le : 31 janvier 2010
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Les Liaisons dangereuses, roman féministe?

Séance 6. Problématique : Les Liaisons dangereuses, roman féministe ?





Parler de roman féministe pour le 18ème siècle relève de l’anachronisme puisque le mot n’a été inventé qu’en 1837 par Fourrier. Il s’agit plutôt de se demander comment Les Liaisons… participent à une prise de conscience de la condition et de la psychologie féminines.En effet, au siècle des Lumières, la condition féminine tend à s’imposer come un sujet à part entière et un thème de prédilection pour les encyclopédistes et les penseurs progressistes (voir docs complémentaires) : la femme fait partie de la société et, en vertu d’un principe d’égalité inspiré par la réflexion sur la nature humaine tout entière, devrait bénéficier de ses droits naturels. Laréflexion sur le statut social de la femme s’inspire donc d’une analyse des rapports de force noués dans la société de l’Ancien Régime. Dans ses essais sur l’éducation des femmes, Laclos constate l’aliénation engendrée par leur dépendance née de leur ignorance. Pour Laclos, il faut traiter le problème en profondeur, car aucune solution ne pourrait être trouvée dans l’état actuel des choses.

DansLes Liaisons, les femmes écrivent beaucoup parce qu’elles expriment leurs sentiments de manière privilégiée dans les lettres qu’elles s’adressent l’une l’autre. En effet, le souci de leur réputation leur interdit d’exposer leurs idées et sentiments en public : la correspondance s’impose comme un moyen privilégié pour se découvrir.



Il faut noter d’abord la forte présence des femmes : parmiles personnages principaux, il y a 5 femmes pour 2 hommes.

Elles représentent 5 types de femmes différents et appartenant à plusieurs générations :

ð Cécile incarne la jeune fille fraîche émoulue du couvent ;

ð la présidente représente la femme mariée fidèle et dévote ;

ð Mme de Volanges, la femme mariée et d’âge mûr (pour l’époque) ;

ð Mme de Rosemonde, la femmeâgée. Laclos décline donc les différents états de la femme dans la société : la fille à marier, l’épouse, la mère et la vieille tante à héritage.

ð La marquise incarne une catégorie particulière, celle de la libertine, qui possède un statut social singulier parce qu’elle n’est pas ce qu’elle paraît. Elle représente donc l’écart entre la norme sociale et la réalité vécue. Elle détermine uneautre distribution des rôles, empruntée à une typologie physiologique : la femme de tête, à distinguer de la femme de cœur ou Mme de Tourvel, et de la jeune fille sensuelle, Cécile (cette répartition renvoie à la perspective inspirée par les Lumières et plus encore par le libertinage : en effet, puisqu’il s’agit de définir la nature de l’homme, il convient de le considérer comme un organismebiologique et non comme un pion appartenant à un ordre social). Laclos prend acte de la situation de dépendance imposée par la morale et son temps et l’interdit posé sur le corps féminin. Il montre que la femme est un être opprimé par son éducation (Cécile) et par la morale chrétienne (Mme de Tourvel). Il ne lui reste plus qu’à entamer une lutte sourde contre une société oppressive (è la marquise).Mais, à l’inverse des philosophes qui portent le combat sur la place publique, les libertins oeuvrent dans l’ombre et choisissent les solutions individuelles.



ü Les femmes prennent la parole.



ð Au 18ème siècle, les lecteurs de roman sont en grande majorité des femmes (la fortune du genre est d’ailleurs liée aux femmes ; on méprise le roman par ce qu’il s’adresseplus à la sensibilité, qualité arbitrairement tenue pour féminine)

ð Les romancières se multiplient (Mme Ricciboni, Mme de Graffigny par ex., voir biographie de l’auteur)

ð Les grands romanciers font de la femme un personnage et un sujet romanesque de 1er plan : par ex. Prévost avec Manon Lescaut, et Marivaux avec La vie de Marianne.



Les Liaisons...
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