Les misrables, victor hugo

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  • Publié le : 13 juin 2009
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Commentaire de texte des Misérables, Victor Hugo :
Première partie, livre deuxième, chapitre XII, « L’évêque travaille »

Victor Hugo est l’un des écrivains français les plus célèbres du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui. Il fut poète romantique par son premier recueil connu Les Contemplations, puis il s’engagea avec force contre le régime de Napoléon III qu’il dénonce et dont il se moque dansLes Châtiments. Cette publication le força à s’exiler dans les îles anglo-normandes où il prit position contre la peine de mort, avec des ouvrages comme Lettre aux habitants de Guernesey ou encore Le Dernier Jour d’un Condamné. C’était donc un homme politique reconnu, mais il voulut aussi analyser la société du XIXème à travers des pièces de théâtre (Ruy Blas, Hernani) et surtout des romans :Notre Dame de Paris, Les Misérables, notre roman, où Hugo se fait le porte-parole de la classe populaire, considérée alors comme une sous-classe sociale, pour en dénoncer les conditions de vie difficiles. Dans l’extrait étudié, Jean Valjean, un ancien bagnard ayant volé de l’argenterie chez un évêque qui l’avait accueilli, est arrêté par les gendarmes et ramené chez le clerc. Cependant ce dernier nele blâme pas, ne le dénonce pas ; il ment au contraire pour le protéger, lui donne ses couverts et ses chandeliers d’argent, lui offre son aide. Hugo veut donc faire réfléchir le lecteur sur les relations humaines et les possibilités de compassion des « grands » envers les « petits », d’entraide entre différents milieux sociaux. Comment parvient-il à mettre en scène cette rencontre à la foisinsolite et émouvante ? Pour comprendre cela, nous étudierons dans un premier temps le personnage singulier de l’évêque et la sympathie qu’il attire, puis, dans un deuxième temps, nous verrons en quoi Jean Valjean est un personnage représentatif des « misérables » et ce qui fait que cette scène le touche.

Dans les Misérables, les personnages principaux appartiennent aux classes populaires, ce sontdes marginaux de la société ayant des conditions de vie difficiles. On ne s’attend donc pas à voir un évêque, homme du clergé plus proche par ses richesses de la bourgeoisie que des ouvriers, comme un adjuvant. Cependant la sympathie du lecteur pour ce personnage est ici certaine.
Elle est tout d’abord due à l’éloge de l’évêque fait tout au long du texte. Son nom, Bienvenu, annonce dès le débutla personnalité avenante de cet homme, qui se vérifiera par ses actions. De plus, le respect des gendarmes qu’on ressent par le « salut militaire » (l6) dont ils le gratifient, puis par le « silence » (l10) qu’impose le gendarme et enfin par la répétition du terme « Monseigneur » (l6, 10, 11...), montrent que c’est un homme important, ayant des qualités certaines reconnues par tous. Surtout, lapersonnalité que l’évêque montre ici nous incite à avoir de la sympathie pour lui : c’est un homme « vulnérable » (l17), « souriant » (l26), relativement âgé (souvent reconnu comme marque de sagesse, ce qui impose encore plus le respect) et qui pratique l’autodérision comme le montre la manière dont il se définit « un vieux bonhomme de prêtre » à la ligne 27. Ce passage fait sourire le lecteur qui aalors une bonne opinion de l’évêque.
Cette opinion est renforcée dans un deuxième temps par le mensonge auquel se livre l’évêque pour éviter la prison à Jean Valjean, personnage qui nous est si ce n’est sympathique, pour lequel on éprouve du moins une certaine pitié, compassion par son difficile statut social et sa place de héros. L’évêque a été volé par Valjean qu’il avait recueilli, il lesait. Cependant il n’a pas appelé la police, et, même alors que les gendarmes viennent lui « livrer » son voleur, il ment pour le protéger en disant qu’il lui a donné ces couverts, et qu’il souhaite même lui donner les chandeliers. Il réagit avec spontanéité à sa vue, une comédie mais qui ne peut laisser aucun doute aux gendarmes, grâce aux interjections « Ah ! vous voilà ! » (l13), « Eh bien, mais...
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