Les mutations sociodémographiques du monde agricole

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  • Publié le : 27 avril 2010
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Les données statistiques proviennent de l’Agreste qui est un site diffusant les données statistiques agricoles établies par le Service de la Statistique et de la Prospective.

2) LES CAUSES LIEES AU PROBLEME DE RENOUVELLEMENT AGRICOLE : LES MUTATIONS SOCIODEMOGRAPHIQUES DU MONDE AGRICOLE

a- La population agricole diminue rapidement

Il reste aujourd'hui en France moins d'un milliond’agriculteurs, soit environ 3 % de la population active, alors qu'ils en représentaient la moitié au début du siècle dernier ! Phénomène démographique à mettre bien sûr en relation avec les transformations profondes des exploitations agricoles : ainsi, la taille moyenne des exploitations est passée de 15 hectares en 1955 à 42 hectares en 2000, très forte diminution de leur nombre tombé à 350 000 en 2006contre encore près de 2 millions dans les années 1960. Dans le même temps, 4 millions d'emplois agricoles ont disparu.

En 20 ans, le nombre de personnes occupant un emploi permanent à temps plein ou à temps partiel dans le secteur agricole a chuté de moitié, à l’identique du nombre d’exploitations agricoles. En effet, cette population représentait en 2007, 1 020 000 personnes contre 2 038 000en 1988. Les trois quarts de ces actifs permanents travaillent sur des exploitations professionnelles. Parmi eux, 82% sont des actifs familiaux, dont le nombre a baissé de 53% sur la même période. Parallèlement, le nombre d’actifs non familiaux a également baissé mais moins rapidement que pour les actifs familiaux : - 11% entre 1988 et 2007.

On constate également une diminution de la part desfemmes dans le secteur agricole.
Dissuadées par des conditions de vie difficiles -durée élevée du travail, accidents professionnels plus nombreux, temps de loisirs réduits...- et par des perspectives de revenus moindres -les ménages pauvres constituent 26,4 % de la population agricole, contre 14 % dans l'ensemble de la population-, les femmes s'investissent de moins en moins dans le secteurprimaire et celles qui y sont actives tendent de plus en plus à le quitter. Par ailleurs, moins d’enfants désirent reprendre l’exploitation familiale parce qu’ils veulent travailler dans un autre secteur, ou bien parce qu’ils sont pessimistes par rapport au métier d’agriculteur.

La très forte baisse de l'emploi agricole va de pair avec une augmentation de la valeur ajoutée en volume. Unagriculteur français nourrit désormais 60 personnes à lui seul, contre 15 il y a quarante ans. Moins nombreuses, les exploitations agricoles grandissent, les exploitants récupérant les terres délaissées par la cession d’activité. En 2007, l’exploitation moyenne disposait de 78 ha de superficie agricole, soit 3 ha de plus qu’en 2005 et 12 de plus qu’en 2000.

Par ailleurs, le nombre d’exploitationsagricoles continue de diminuer, à raison de 3% par an de 2005 à 2007. En 2005, on ne comptabilise plus que 545 000 exploitations, alors qu'elles étaient plus de deux millions cinquante ans plus tôt. Ce mouvement de concentration s'est effectué au détriment des petites et moyennes exploitations : le quart de la superficie agricole utilisée (SAU) est détenu par des exploitations de plus de 150hectares ; 10 % des exploitations cultivent 40 % de la SAU.

Malgré ces diminutions considérables du nombre d'exploitations et du nombre d'actifs agricoles, le volume de la production agricole a doublé pendant la même période. Il faut dire que, confrontées à la mondialisation des marchés agricoles et encadrées par des politiques européennes, les exploitations ne cessent de s'agrandir.L'agriculture intensive a permis, au cours du XXe siècle, d'augmenter très fortement les rendements et par voie de conséquence la production agricole, et de diminuer corrélativement les coûts de production. De 1980 à 2001, le résultat agricole a augmenté de 68%. Malgré la stagnation des dernières années, le résultat agricole moyen a augmenté de près de 25% depuis 1990. Mais cette croissance s'explique...