Les nationalisations

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  • Publié le : 9 décembre 2009
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INTRODUCTION : De tout temps, l’Etat a participé à la vie des entreprises (du droit de douane, aux primes et subventions diverses, jusqu’à l’impulsion de laboratoires de recherche industrielle etc…), et ce pour diverses raisons : rééquilibrer l’offre et la demande, briser les monopoles et les accords de prix faits entre grandes entreprises, sauver de la faillite une importante entreprise dusecteur privé, en cas de mise en danger de la défense nationale (produire secrètement, réorienter les productions)… Or la suite de nationalisations de septembre 1944 à mai 1946 a cela d’intéressant qu’elles sont au cœur d’un débat tant économique que social ou politique (voire même idéologique) : Au lendemain de la guerre, il semble plus que nécessaire de relancer la production française, ne serait-ceque pour satisfaire les besoins de la population de manière effective. L’Etat doit donc se substituer à l’initiative individuelle. Toutefois, loin d’être, au départ, inscrites dans une planification précise de redressement économique, les nationalisations se font aussi l’écho de « l’esprit » du temps, des raisons sociales et idéologiques avancées par la gauche (Socialistes, Communistes, CGT) maisaussi partagées par le MRP* (ayant intégré l’essentiel du programme du CNR*) et de De Gaulle ! Il s’agit ici de montrer combien le phénomène des nationalisations, parce que l’on se dispute sans cesse sa paternité, est un improbable compromis entre partis et idéologies diverses reflétant sans doute une volonté de conciliation entre les différents membres d’une France Libérée… ayant comme bête noirecommune le « les trusts* » (fléau capitaliste et antisocial pour les uns, collaborateurs pour les autres)...
CONCLUSION : Au fond, il est sûr que les nationalisations ont joué un rôle fondamental dans la rationalisation et la modernisation de la production et de la réalisation des plans de développement. Mais les inquiétudes des libéraux, même modérés, devant la possibilité de créer une économiede type socialiste seront nombreuses. Dès 1946, le MRP et les radicaux sauveront les secteurs de la sidérurgie et de la chimie des nationalisations. Puis avec la guerre froide, le passage à l’opposition des communistes, la marginalisation des socialistes et le monopole des ministres libéraux sur l’économie et les finances aboutiront à l’automne 1947 à la fin des nationalisations. De mêmedélaissées et oubliées par le peuple, les nationalisations ne constitueront plus que le symbole de reconnaissant de la politique de la gauche sans pour autant définir une même réalité, mais bien au contraire des objectifs divers.
I- Absence de paternité, une idée de tous : la SFIO, la CGT, le PCF, le CNR et le RPR.
1) Premières ébauches.
[A] Premier débat Socialiste : Albert Thomas et l’oppositionguesdiste.
• Edgard Milhaud est le véritable fondateur du courant « nationalisateur » socialiste en 1903, mais Albert Thomas en assure la direction (dès le congrès de Saint-Quentin du 16-19 avril 1911) : l’Etat doit être un point d’appui du mouvement ouvrier contre la force capitaliste et de fait serait, dans une perspective d’alliances avec la classe moyenne et le syndicalisme, un meilleur patronpour le prolétariat ouvrier notamment. • Face à cela, l’opposition de Jules Guesde, qui rencontre un très vif succès, met en avant l’Etat comme « l’arsenal et la forteresse de la classe ennemie » (congrès de Lyon 18-21 février 1912) : la classe ouvrière doit d’abord s’emparer du pouvoir et mettre fin à l’antagonisme des classes pour que les nationalisations ne soient pas de simples étatisations. •Dans les années trente, les anciens partisans de Thomas deviennent réticents (peur du déséquilibre du budget, caractère dérisoire de ces réformes dans une économie devenue mondiale) ; à l’inverse les partisans de Zyromski attendent des nationalisations qu’elles soient dès le départ importantes et industriellement cohérentes (Vincent Auriol et Jules Moch comme principaux défenseurs).
[B] Le...
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