Les obseques de la lionne

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  • Publié le : 29 novembre 2010
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Mouvement 1 : la douleur du Roi vers 1 à 16
- Mouvement 2 : Intervention de La fontaine vers 17 à 23

- Mouvement 3 : Les Obsèques de la Lionne vers 24 à 51

- Mouvement 4 : La morale vers 52 à 55

Mouvement 1 : La douleur du Lion

• Comme dans de nombreuses fables, LF plante le décor dans le premier mouvement.

• Si le titre renseigne le lecteur sur lethème développé par la fable (la reine est morte et sera enterrée), force est de constater que c’est en fait le Lion qui occupe l’essentiel de ce premier mouvement.

• Malgré le trépas de la Lionne, il est celui qui occupe le devant de la scène : « le Prince », « la femme du Lion », « il », « sa », « ses », « Le Prince », « son ».

• Sa puissance est donc remarquable … et remarquée. Latrépassée est évoquée grâce au lien qui l’unit au Roi (« la femme du Lion » et la diérèse de Li-on permet une focalisation sur le personnage) et ce dernier occupe, dans le mouvement, une place stratégique : en fin de vers (vers 3) ou au début (vers 6 et 12).

• Alors qu’il est question de relater les obsèques de la Lionne, on remarque qu’elle n’est pas le personnage le plus important, celui surlequel l’attention doit être portée. On assiste plus aux obsèques de la femme du Lion qu’aux obsèques de la Lionne comme le laisse clairement entendre le vers 1. La périphrase de ce vers met en évidence le fait qu’elle n’existe, n’existait que dans sa relation qui l’unit au Roi.

• De fait, la puissance royale n’est plus à prouver. Pourtant, de nombreux éléments tendent à la souligner encoredavantage. L’expression « un tel jour, en tel lieu » donne au lecteur le sentiment que le Lion impose les choses et que celles-ci ne peuvent être contestées. D’ailleurs l’impératif « jugez » souligne l’obligation pour cette « Province » de se trouver dans les lieux et les temps donnés par le Roi.

• Il est intéressant de noter que La Fontaine construit sa fable en utilisant essentiellementl’octosyllabe. Ce type de vers combiné aux très nombreux enjambements (6) permet de souligner la rapidité et l’enchaînement des actions.

• Les obsèques de le Lionne donnent à voir le chagrin du Roi. Toute une isotopie lexicale de la tristesse est, pour ce faire, développée : « consolation », « affliction », « aux cris s’abandonna ». L’allitération en [r] crée une harmonie imitative qui nousfait presque entendre les rugissements du lion et ceux de ses courtisans : « Le Prince aux cris s’abandonna,/ Et tout son antre en résonna./ Les Lions n’ont point d’autre temple./ On entendit à son exemple/ Rugir en leur patois Messieurs les Courtisans ».

• La supériorité du Lion est enfin également visible par la précision apportée par La Fontaine : le Lion crie et les Courtisans« rugissent » (donc tentative d’imitation) mais … « en patois ». Il y a donc une forme de comique et de cynisme apportée par cette précision.

Mouvement 2 : Intervention de La Fontaine

• Ce mouvement apparaît comme une interruption de la fable, comme une pause.

• Le changement de temps souligne ce point. On passe en effet de verbes au passé (passé simple) à des verbes au présent gnomique : sont,plaît, peuvent, tâchent, anime, sont.

• Cette pause permet à La Fontaine de s’exprimer de façon très explicite au moyen du pronom de première personne: « Je ».

• Il s’agit pour l’auteur d’élaborer une définition de la Cour (« Je définis la Cour ») d’où l’utilisation du présent de vérité générale. La Fontaine s’implique donc de façon évidente et personnelle et propose son regard surun monde qu’il connaît pour le fréquenter.

• La fin du premier mouvement préparait on ne peut mieux cette définition puisque l’auteur achevait son propos sur un constat d’imitation de la part des Courtisans qui tâchent de faire comme le Lion (cf plus haut).

• La Fontaine met en avant l’idée que les courtisans ne sont pas ce qu’ils semblent être. Toute une isotopie lexicale...
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