Les obseques de la lionne

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  • Publié le : 29 septembre 2010
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Les obsèques de la Lionne est une fable écrite par La Fontaine qui est un poète français de la période classique

I. Sur la voie de la réflexion

La fable est aussi un discours argumentatif, de manière directe ou indirecte. La Fontaine prend clairement la parole et s’engage dans ses deux morales. Mais le récit lui-même, qui met en scène des animaux bien humains, nous guide vers la réflexion.1. Les deux morales et l’engagement personnel du fabuliste

Par deux fois, le discours narratif cède le pas à un discours argumentatif. On quitte le monde des animaux dans lequel le premier vers nous avait fait entrer (« La femme du Lion ») pour regagner celui des hommes (« la cour », « les gens », le « Prince », « les Rois »).
Dans cette perspective, le verbe « être » occupe une placeimportante : de manière sous-entendue dans la « cour un pays », « Sont ce qu’il plaît », « vous serez leur ami ». Le vocabulaire désigne des notions élargies (« pays », « peuple », « esprit »…) et on peut repérer, d’une morale à l’autre, la poursuite de ce mouvement de généralisation. En effet, le singulier « Prince » fait place au pluriel « Rois ». Ces deux passages didactiques se caractérisentsurtout par les marques d’une énonciation distincte de celle du récit. Quasi absent dans le discours narratif, La Fontaine affirme sa présence dans la morale. C’est le pronom personnel « je » ainsi que le présent de l’énonciation (« définis ») qui marquent d’ailleurs, au début du vers 17, le glissement d’un discours à l’autre. L’adjectif possessif pluriel « notre » vient clore la première morale etintroduire le retour au discours narratif. Encadré par ces deux indices personnels, le passage argumentatif exprime l’engagement du fabuliste. La seconde morale fait appel au lecteur : trois impératifs et un pronom de deuxième personne. La fable a séduit le destinataire et La Fontaine n’hésite pas à l’inclure dans son discours. Le « notre affaire » du vers 24 pouvait déjà être compris comme uneinvitation à partager le plaisir de l’histoire avec son auteur

2. Des animaux et des hommes

Mais l’on aurait tort de réduire le message argumentatif à la double morale. Les animaux que La Fontaine met en scène ont beau vivre dans l’ »antre » et « rugir », ils ressemblent beaucoup à des hommes. Le titre déjà nous mettait sur la voie. La Fontaine respecte, certes, la hiérarchie animale en rappelantla force du lion (« Nos sacrées ongles ») et celle du loup (« venez Loups / Vengez la Reine »), mais on s’étonne de la rencontre d’un lion et d’un cerf. On retrouve des structures de la société des hommes : structure familiale (la « femme du Lion », celle du cerf ainsi que son fils) et structure politique. Le lion est un « Prince » assisté de « Prévôts » et entouré de « Messieurs les Courtisans ».Le terme « obsèques » est justifié par l’exposition d’un protocole précis ; il faut « régler la cérémonie » et « placer la compagnie ». Cette société animale fictive ressemble d’autant plus à notre propre société qu’elle en a la culture On a évoqué le rituel des obsèques, on peut aussi voir l’amusant mélange des références mythologiques et catholiques. D’une part, il est question de « saints » etde « miracle » et, d’autre part, des « augustes mânes » et des « Champs Elyséens ». Le Lecteur reconnaît sans hésiter la société dont parle La Fontaine et l’histoire, comme les morales, véhicule une argumentation.

II. Le pouvoir en accusation

Dans cette fable, La Fontaine s’en prend au despotisme mais aussi à a cour ; enfin, il nous propose une conduite exemplaire face au pouvoir.

1.La critique du despotisme

La Fontaine, dans cette fable, critique le pouvoir royal. Après avoir dénoncé son emprise sur la cour (« Jugez si chacun s’y trouva », « à son exemple »), il souligne sa cruauté : « Nos sacrés ongles » ; la condamnation du cerf s’affirme par trois impératifs agressifs, renforcés par l’enjambement des vers 37 et 38. La fabuliste tourne en dérision la force divine du...
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