Les pauvres et l'assistance en france au xviiième siècle

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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Les pauvres et l’assistance au XVIIIème siècle

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) exécute en 1763 le tableau La pauvre famille, aujourd’hui conservé au musée Condé de Chantilly. Ce dessin témoigne de l’intérêt envers les pauvres dont fait preuve certains milieux intellectuels, littéraires ou artistiques. Il représente en effet une famille nombreuse, composée des parents et de quatre enfants,qui semble dans un tel dénuement qu’ils sont contraints de mendier, le père tendant son chapeau tandis que la mère lève les bras au ciel en signe de supplication. Cette famille, qui semble prise sur le vif, ne représente pas un cas isolé dans la France du XVIIIème siècle, qui, bien que bénéficiant de conditions économiques relativement favorables, compte encore une large proportion de lapopulation qu’on peut considérer comme pauvre. Cette notion de pauvreté recouvre des réalités si disparates qu’il est difficile de définir ce qu’est un pauvre. Dans les sources, écrites par des auteurs extérieurs à ce milieu, les expressions « pauvres », « gueux », « mendiants » sont utilisées sans distinction claire. Les contemporains semblent donner deux sens au mot « pauvre ». En 1790, le Comité deMendicité de l’Assemblée Constituante détermine qu’une famille de cinq personnes est considérée comme pauvre si elle dispose de moins de 435 livres de revenus. Compte tenu des fluctuations des prix, ce chiffre ne peut être considéré comme pertinent et généralisable. Le deuxième sens est plus appréhendable. Clicquot de Blervache, en 1789, écrit que « le travail est le seul patrimoine du peuple ». Lepauvre est donc celui qui n’a que son travail pour subsister. Dès le Moyen-Age, une aide aux pauvres se met en place, par le biais de structures officielles ou privées, ou par une aide spontanée, dont on ne garde souvent pas trace : c’est l’assistance qui existe toujours au XVIIIème siècle.
On peut alors se demander en quoi le XVIIIème siècle en France a-t-il marqué un tournant dans lesrelations entre les pauvres et l’assistance mise en place pour les aider.
Pour cela, on verra tout d’abord que si les pauvres représentent une catégorie sociale très hétérogène, les moyens d’assistance ne sont pas moins variés.
On s’interrogera ensuite sur les raisons de l’existence d’une assistance, ce qui permettra de suivre l’évolution de l’opinion, surtout intellectuelle, au sujet des pauvres etde l’assistance.
Enfin, on étudiera le rôle grandissant de l’Etat entre répression et assistance.

Les pauvres étant dans leur grande majorité analphabètes, on ne dispose pas d’écrits directs mais des témoignages de personnes à l’abri du besoin qui transmettent des indications rendues partiales par leur préoccupation, qu’elle soit charité, assistance ou simplement maintien de l’ordrepublic. On peut néanmoins distinguer différents types de pauvre et diverses pratiques d’assistance.

Le pauvre peut être un pauvre « structurel ». Il a besoin d’une assistance permanente. Rentrent dans cette catégorie les infirmes, les vieillards, les veuves et les orphelins. On remarque ainsi que la pauvreté ne se qualifie pas que sur des critères économiques, bien que ces catégories depauvres ne puissent en général pas exercer un métier, et n’ont donc pas de moyens de subsistance. Les aides qu’on accorde aux pauvres structurels prennent assez souvent une forme officielle d’accueil, par le biais d’établissements spécialisés, notamment des hôpitaux ou des hospices. L’hôpital regroupe différents types d’établissements, qui partagent la même fonction de secourir gratuitement lespersonnes dans le besoin. Les hôtels-Dieu sont ainsi voués au soin des malades pauvres, et sont fondés, le plus souvent grâce à des dons privés, dans tout le royaume. Les plus anciens remontent au Moyen-Age, comme celui de Caen, ouvert au XIème ou XIIème siècle. Certains sont dédiés à une seule maladie ou infirmité, comme l’hôpital des Quinze-Vingts à Paris consacré aux aveugles. Les hôpitaux des...
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