Les paysans du 16e et 17e siècle.

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  • Publié le : 20 novembre 2011
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Les paysans français aux
XVIe et XVIIe siècle

La France d’ancien Régime est un pays rural. Les villes, au début du XVIIe siècle, regroupent au maximum 15 à 16 % d’une population qui devait se situer un peu au-dessus de vingt millions d’habitants. Ruraux, les Français sont d’abord paysans, même si ce terme commode regroupe en fait des situations diverses.
En dépit de certainesévolutions, ce qui domine dans la vie paysanne de cette époque, c’est la stabilité. Le paysan vit à l’intérieur de cadres socio-économiques et socio-juridiques hérités d’un long passé.

A. Le poids des cadres traditionnels de la vie paysanne.

I. Le cadre agraire et ses prolongements.

Le cadre agraire associe deux réalités inséparables : un espace, le terroir, et uneorganisation qui en assure l’unité, la communauté d’exploitants.

1. Le terroir et la mise en valeur du sol

Le terroir est l’ensemble des terres de toute nature exploitées par un groupe d’hommes. En dépit de leur extrême variété régionale, les terroirs français aux XVIe et XVIIe siècles sont généralement constitués de trois éléments distincts et complémentaires que chaque exploitantassocie normalement dans son exploitation.

2. La maison et son enclos

C’est le cœur du terroir comme de l’exploitation. Dans ces espaces minuscules de quelques ares se concentrent la maison, autrement dit : les hommes, le bétail, les outils, la récolte, et le jardin, consacré aux légumes, aux herbes, au chanvre et aux arbres fruitiers.

3. Les labours

Ils’agit des champs labourés consacrés à la production agricole et d’abord aux céréales, base principale de l’alimentation paysanne. Cette partie du terroir est soumise aux règles plus ou moins rigides de l’organisation collective que, suivant la coutume[1], le groupe impose aux particuliers.

4. Le saltus

Ce terme des agronomes romains est habituellement utilisé pour désignerles espaces non cultivés – sauf épisodiquement – donc couvertes d’herbes, de landes ou de forêts. Ils sont loin d’être négligés car ils fournissent aux paysans, outre une éventuelle réserve de terres, du bois, des feuilles, des fruits sauvages et une zone de parcours pour le bétail.
La mise en valeur du terroir reste fondée en premier lieu sur la céréaliculture. Les limites techniques dusystème productif sont connues. Le paysan ne dispose le plus souvent que d’outils manuels de conception simple. Pour ameublir le sol, l’araire[2] ou la charrue légère sont plus répandues que la véritable charrue à versoir : celle-ci, coûteuse, nécessitant un fort train d’attelage, reste l’apanage des exploitants aisés dans les régions à la terre épaisse et limoneuse. La moisson se fait à lafaucille. Les blés sont battus au fléau, puis vannés[3].
La primauté des grains dans le système de culture ne laisse pas assez de surfaces pour les prairies, de sorte que l’élevage reste limité, donc également la fumure. Dès lors s’impose la pratique de la jachère qui consiste à laisser une partie du terroir improductif, un an sur deux ou trois selon le système d’assolement[4] qui prévaut. Cesystème archaïque a le mérite d’éviter l’épuisement des sols, car la jachère permet à la terre de reconstituer ses éléments nutritifs, et aussi d’un peu d’élevage sous la forme de la vaine pâture[5]. Mais il s’agit d’un système bloqué qui limite les rendements. Extrêmement variables d’une année sur l’autre, ceux-ci ne dépassent pas, en moyenne, la valeur de quatre à cinq fois la semence, soit 8 à 10quintaux par ha.

5. Du terroir aux paysages ruraux

Les trois éléments, enclos, labours, saltus, associés à des formes d’habitat, sont inégalement répartis selon les types de terroir. C’est en fonction de leur importance et de leurs rôles respectifs qu’on peut distinguer des paysages ruraux qui frappent par leur variété. Ainsi, on retient trois grands types :
Les campagnes...
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