Les pensé de marc aurel

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  • Publié le : 14 octobre 2009
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0. TEXTE
"Puisque l'homme libre est celui à qui tout arrive comme il le désire, me dit un fou, je veux aussi que tout arrive comme il me plaît. Eh, mon ami, la folie et la liberté ne se trouvent jamais ensemble. La liberté est une chose non seulement très belle mais très raisonnable et il n'y a rien de plus absurde ni de plus déraisonnable que de former des désirs téméraires et de vouloir queles choses arrivent comme nous les avons pensées. Quand j'ai le nom de Dieu à écrire, il faut que je l'écrive non pas comme je veux mais comme il est, sans y changer une seule lettre. Il en est de même dans tous les arts et dans toutes les sciences. Et tu veux que sur la plus grande et la plus importante de toutes les choses, je veux dire la liberté, on voie régner le caprice et la fantaisie ? Non,mon ami : la liberté consiste à vouloir que les choses arrivent non comme il te plaît, mais comme elles arrivent.
Epictète.Vrin, Paris, 1971
1. QUESTION
Définir la question à laquelle le texte répond.
Qu'est-ce que la liberté ?
Préciser s'il s'agit de liberté au sens large (métaphysique) ou restreint (d'expression, par exemple)
2. REPONSE
Définir la réponse de l'auteur.
La thèsed'Epictète est : La liberté consiste à vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent.
La liberté implique donc ici : a. la volonté : l'homme libre n'est pas, comme le fou, le jouet des circonstances. Sa liberté consiste dans sa prise de conscience et dans son adaptation à celles-ci. La volonté s'appuie ici sur un savoir essentiel : la distinction entre ce qui dépend de nous (nos pensées etjugements) et ce qui n'en dépend pas (tout le reste : l'extérieur). b. la raison : puisque seul le jugement sur les choses et les circonstances est en mon pouvoir, je ne peux rien vouloir d'autre qu'ordonner mon rapport à elles : si le principe de la raison est l'ordre même des choses, je ne peux que vouloir cet ordre, fondement de toute liberté possible. En somme : comme les choses arriventnécessairement, je dois les admettre ; toute autre attitude relève de l'ignorance. C'est là le grand principe de la philosophie stoïcienne : le bien et le mal dépendent exclusivement de la présence ou de l'absence de jugement. Dès lors, être libre n'est rien d'autre que s'être affranchi de l'opinion..
3. AUTRE REPONSE
Définir la réponse adverse
Etre libre, c'est vouloir faire ce qui nous plaît.
D'abordtentés par cette définition qui accorde liberté et désir, nous pouvons bien vite en mesurer la limite : pour que rien ni personne ne s'oppose à mes désirs, il me faudrait être seul au monde. Or, comme obstacles à leur réalisation, je rencontre toujours et partout : a. autrui, et b. les lois de la nature. Dans ce cadre, le désir n'est qu'un rêve et la liberté : une illusion.
4. CHEMIN
Définir lechemin qui conduit de la question aux différentes réponses : quel type d'argumentation utilise l'auteur.
Le procédé d'argumentation réthorique sert ici autant à réfuter la these adverse qu'à susciter l'adhésion du lecteur.
En effet, plus qu'une démonstration stricte, nous trouvons ici des arguments familiers qui suscitent une confiance immédiate : a. la position adverse est identifiée à celled'un fou. En rendant cette position d'emblée intenable (puisque nul ne veut s'identifier à un fou), Epictète espère ainsi emporter notre adhésion. b. à la liberté-caprice du fou, Epictète oppose l'idée que l'homme libre est l'homme raisonnable : celui qui sait adapter sa conduite aux circonstances. Or chacun sait que je ne peux commander aux choses que si je leur obéis d'abord. Pour nous le rappeler,Epictète a recours à l'universalité du langage et de l'écriture : l'un et l'autre exigent d'être utilisés tels qu'ils sont et non tels que nous voudrions qu'ils soient : leur ordre obéit à celui des choses sur lesquelles ils portent. L'art et la science aussi, chacun dans leur dimension, montrent cela avec évidence : ils obéissent à un ensemble de principes qui me sont extérieurs. Il en va...