Les performatifs

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  • Publié le : 9 juin 2011
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LES PERFORMATIFS

Historique :

La notion de performatif remonte au Moyen-âge. C’est à cette époque que des conceptions performatives se sont développées. Mais ce n’est qu’au 20ème siècle que l’on prendra conscience de la dimension pragmatique du langage.

Cependant cette prise de conscience a pris des formes différentes.

Benveniste et Jakobson définissent trois fonctions du langage :- Fonctions de représentation, d’expression et d’appel chez Benveniste

- Fonctions référentielle, expressive et conative chez Jakobson

Pour Gardiner, le langage est « non point miroir de la pensée mais moyen d’influencer la conduite d’autrui. »

Une autre idée est introduite par Malinowski, c’est la perspective anthropographique. C'est-à-dire l’idée d’un langage-action : laparole dans les actions non verbales.

Mais on doit surtout cette découverte de performatif à Austin. Pour Austin, un performatif est un énoncé qui, sous certaines conditions, accomplit l’acte qu’il dénomme.

Mais un problème se pose dans cette définition car il existe des degrés dans la classe des performatifs.

I - Des degrés dans la classe des performatifs :

Les degrés dans la classe desperformatifs peuvent être définis de la façon suivante:

- Les performatifs purs :

Ils se composent d’un verbe à la première personne et à l’indicatif présent

Ex : Je déclare la séance ouverte

- Les quasi-performatifs :

La condition Je + (te) + verbe à l’indicatif n’est pas suffisante pour qu’il y ait performatif. Les quasi-performatifs répondent tous au critère suivant : laprésence sous forme ou sous une autre dans la formulation de l’énoncé de performatif, du terme généralement utilisé pour désigner l’acte principalement réalisé par cet énoncé.

- Les énoncés intermédiaires :

Ils sont à mi-chemin entre le performatif et le constatif

Ex : Je suis désolé

Cet énoncé s’apparente à une formule performative : Je m’excuse.

- Les performatifsimplicites (ou primaire) :

Ces énoncés sont dotés d’une force illocutoire.

Ex : Ferme la porte.

Il se pose donc une problématique : faut-il maintenir la classe des performatifs ? Car on peut remarquer que cette classification n’est pas suffisante.

Il serait utile de faire une distinction entre les performatifs purs et les autres qu’on appellera « actes illocutoires. »

II - Au-delà duperformatif : les speech acts (ou actes de langage) :

1. La version searlienne de la théorie des actes de langage

Austin distingue trois sortes d’actes :

- Locutoire : acte de dire quelque chose.

- Illocutoire : acte effectué en disant quelque chose.

- Perlocutoire : effet que l’acte illocutoire produit sur son destinataire/son auditeur.

Il effectue également uneclassification des différentes valeurs illocutoires. Il distingue cinq classes :

• Les verdictifs (= actes judiciaires) Ex : acquitter

• Les exercifs (= formulant un jugement sur une conduite préconisée) Ex : ordonner

• Les promissifs (= obligeant le locuteur à se conduire d’une certaine manière) Ex : jurer

• Les comportatifs (= exprimant l’attitude du locuteur envers laconduite de quelqu’un) Ex : remercier

• Les expositifs (= servant à exposer une idée, argumenter….) Ex : affirmer

2. L’alternative searliennne à la classification austinienne

Searle, successeur d’Austin, repose son travail sur l’hypothèse d’Austin. Mais il se base sur une critique qu’il fait à Austin (confondre acte illocutoire et verbe illocutoire) pour effectuer sa propreclassification des actes illocutoires. Sa classification se compose de 12 axes mais sur ces 12 axes il distingue cinq catégories générales d’actes illocutoires :

• Les assertifs : Le locuteur s’engage sur la vérité de la proposition exprimée. Le degré d’engagement dépend du verbe utilisé. Ex : je crois que la fac est en grève

• Les directifs : Le locuteur cherche à faire faire quelque...
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