Les personnages de "en attendant godot"

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  • Publié le : 16 mai 2010
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« En attendant Godot », Samuel Beckett, 1952, Editions de minuit


On en arrive finalement à la dernière partie de ce dossier, qui porte sur la célèbre pièce « En attendant Godot » de Samuel Beckett, poète et dramaturge irlandais. Cette pièce, représentative du théâtre de l’absurde, met en scène Vladimir et Estragon, deux hommes qui attendent désespérément Godot. Ces personnages sont entotale contradiction avec l’idée que l’on se faisait jusque là du personnage et du héros. Après avoir exploré le contexte dans lequel s’inscrit le théâtre de l’absurde, nous verrons plus en détail les caractéristiques des personnages de Beckett.

Depuis la renaissance, les hommes ont cherché a restitué le plus fidèlement possible la réalité, mais depuis le milieu du XIX° siècle, les avant-gardistesont voulu rompre avec cette idée que la société avait de l’homme. Ce refus de la réalité se voit renforcé à l’époque de l’après-guerre, avec l’apparition du courant de l’absurde, dans lequel les dramaturges et les auteurs dénoncent l’absurdité de la condition humaine.
La seconde guerre mondiale a été un énorme traumatisme pour le monde entier. La nature humaine a été dévoilée au grand jour :l’homme, qui jusque là avait été défini comme bon, s’est montré d’une extrême cruauté, exterminant un peuple entier dans le but d’obtenir le pouvoir. Cet acte ignoble et contre nature va révolter de nombreuses personnes, et celles-ci
auront un autre regard sur la condition humaine. Les auteurs et dramaturges de ce siècle se feront le reflet du pessimisme de l’époque à travers leurs œuvres. Cebrutal changement de mentalité va avoir une grande conséquence sur le statut du personnage et du héros dans le théâtre.
Les dramaturges du théâtre de l’absurde, inspiré par les existentialistes Sartre et Camus, rompent avec les règles du théâtre classique. Tout d’abord, ils abandonnent totalement la règle des trois unités, qui était jusque là la base du théâtre. Le temps, l’action et le lieudeviennent des éléments tournés au ridicule et la mise en scène est réduite à quelques objets emblématiques (dans « En attendant Godot », la pièce se déroule dans une lande, mais aucune précision n’est apportée). De plus, ils réforment le déroulement classique du tragique : il n’y a plus d’intrigue, plus de dénouement. L’histoire n’est présente qu’en vue de montrer à quel point la condition humaine estdérisoire et que la vie n’a qu’un but, nous amener à la mort (l’exemple de la guerre).
Pourtant promu à une carrière universitaire, Beckett voit le monde comme une suite d’évènements sans récompense, sans punition et sans logique. Après avoir erré deux ans dans l’Allemagne nazi, il retourne à Paris où il se fait poignardé sans raison le 7 janvier 1938. Il est ainsi victime de la bêtise humaine,ce qui ne fera que renforcer l’idée négative qu’il avait du genre humain, et l’on peut donc comprendre sa position vis-à-vis de l’homme. Son œuvre et ses opinions ont trouvé un écho dans le public qui reconnaissait, dans les personnages de Beckett, l’homme perdu, égaré, sans repère qui sortait de la guerre.

Beckett a cherché à traiter les personnages du théâtre de manière innovante pourtranscrire sa vision pessimiste de la condition humaine. Ses personnages sont dépouillés des attributs traditionnels, tout en conservant leurs fonctions primaires.
La première chose qui nous étonne lorsque l’on découvre les personnages de Vladimir, Estragon, Pozzo et Lucky, c’est leur statut. Ce ne sont pas des rois, des princes, ni même des nobles. Non ce ne sont juste que des clowns, des clochards.Ce ne sont plus les héros tragiques de Corneille. Les héros, au sens ici de personnage principal d’une œuvre, perdent leur sacralité. Ils deviennent des éléments de foire, dont on se moque a première vue, mais si on y prête plus d’attention on se rend compte qu’ils sont des humains comme nous tous, et le message d’absurde que fait passer Beckett s’en voit renforcer. Par exemple ils nous...
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