Les personnages en mouvement dans le fleuve détourné de rachid mimouni

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  • Publié le : 9 avril 2011
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Les personnages en mouvement dans Le fleuve détourné de Rachid Mimouni

L'interrogation portée sur l'espace et ses valences dans le roman de Rachid Mimouni, a permis de souligner la désarticulation et la relation étroite qu'entretiennent les différents aspects de cet espace avec le temps ainsi que les personnages qui s'y révèlent attachés à des endroits précis et s'y fendent.
Ainsi,temps, espace et personnages, éléments essentiels d’une triade infernale, constituant ce que Bakhtine nomme « chronotopie », sont mouvants, mobiles, presque intenable, marquant fondamentalement la structure narrative donnant à voir un univers en pleine métamorphose.
Notre analyse consistera à relever les différents jeux de l'espace à travers le processus d'énonciation, prenant en premier lieucomme référence spatiale que le personnage-énonciateur puisqu'il est seul à construire les différents espaces à travers son énoncé, ce qui rend l'analyse plus délimitée et plus précise.
Si l'on se réfère à Henri Mittérand, le récit construit son propre espace et se fonde sur sa localisation pour produire l'illusion du réel; ainsi il offre au lecteur des repères spatiaux se référant toutefois àla réalité pour obtenir son adhésion. C'est ce qu'il appelle la narraticité.
En effet, nous ne pouvons omettre de signaler que l'espace est d'abord le produit de l'imaginaire de l'auteur et aussi une élaboration de son langage. Il prend son sens à l'intérieur de la diégèse.
Pour le personnage du Fleuve détourné, l'espace est errance. Ce personnage est en quête d'un endroit qui luiprocure harmonie et équilibre. Ayant perdu son identité par un coup de hasard (ou un coup de destin?), il essaie de reconstituer sa personnalité par une errance entre espace pluriel construit également à travers une énonciation révélatrice de cette errance. C'est comme reconstituer les morceaux d'un puzzle. Dans cette optique, l'espace n'a de sens que par rapport à sa quête, à sa recherche d'unobjet-valeur: retrouver une situation antérieure au bouleversement qu'a connu sa vie.
Mais ce qui distingue le texte mimounien d'un autre texte, c'est qu'il manifeste une description très atypique car non-conforme à la réalité(ou norme ?) « réaliste ». Elle cesse d'obéir aux canons adoptés jusqu'alors par les adeptes d'un réalisme rigoureux et fidèle. Elle est incise dans la parole de l'énonciateuret fruit de sa subjectivité: le lecteur ne voit que ce que le narrateur donne à voir. Le regard se fait de l'intérieur et la description est ainsi prise en charge par la parole du personnage qu'il la partage avec son récepteur. Elle évolue donc sous le mode de lieux complètement disqualifiés.
Tout l'espace est un espace du discours."Car c'est bien d'une voix qu'il s'agit, et particulière. Alire et relire (ce roman), on devient de plus en plus attentifs à une tonalité, à un thème répétitif, celui de l'affirmation d'une déchirure, la constatation d'un exil, l'aspiration à une réconciliation harmonieuse souvent présentée comme irrémédiablement hors d'atteinte."[1]
La caractérisation classique du lieu disparaît au profit de quelques traits concis et épars pour dessiner les contoursphysiques d'un espace, surtout quand il s'agit d'un espace où il y a une concentration des éléments qui le déterminent comme la montagne, la terre, la mer, les cités et les villages, sous l'emprise d'un soleil pesant et accablant. Cet espace est le terrain de parcours de la longue errance du personnage-narrateur; il est constitué d'éléments où chacun "est à la fois perçu comme négatif chargé delaideur et d'inhumanité et, à des moments privilégiés, de paix, comme un lieu révélé, un univers positif et accueillant."[2]
La description dans cette démarche de rapporter au lecteur des fragments du monde romanesque qui enveloppe le texte se présente sous forme d'indices qui font appel à une interprétation, un déchiffrement. Les connotations relèvent de la dimension discursive.
" La vraie...
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