Les résidences fermées à buenos aires

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  • Publié le : 7 décembre 2009
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Une utopie de l’ordre et de la fermeture : 
« quartiers privés » et countries à Buenos Aires

Le texte ici étudié est un article issu du Tome 33 de la revue L’Espace Géographique, parue au mois de Février 2004. Celui-ci est le fruit d’une collaboration de Monica Lacarrieu (professeure à la Faculté de Lettres et de Philosophie de Buenos Aires) et de Guy Thuillier (agrégé en Géographie etprofesseur à l’Université de Toulouse 2-Le Mirail).

Synthèse de l’article

Les ensembles résidentiels sécurisés se sont massivement développés (et démocratisés) au cours des années 1990 dans La Région Métropolitaine de Buenos Aires (RMBA). Ce mode d’habiter particulier constitue le changement le plus frappant de la structure urbaine de l’agglomération de BuenosAires durant cette période.
Il ne s’agit néanmoins pas d’un phénomène révolutionnaire à l’époque mais plutôt d’un modèle qui tend à se banaliser. En effet, comme bon nombre de pays (d’Amérique latine, d’Asie, Etats-Unis…), les ensembles résidentiels fermés ne constituent pas un processus récent, bien au contraire. Cela résulte de l’influence anglo-saxonne dès la fin du XIXème siècle jusqu’àla première moitié du XXème siècle.
Dans un premier temps, celle-ci prend la forme de quintas, vastes propriétés articulées autour de terrains de sport (tennis, polo…), occupées par la classe supérieure britannique et situées à la lisière de la ville-centre. Ces nouvelles formes urbaines de l’époque constituent des résidences secondaires pour des Anglais qui ont historiquement l’habitude dedemeurer loin de leur lieu de travail pendant leurs jours de repos. Le développement successif du chemin de fer et de l’automobile accentue encore davantage l’implantation de résidences secondaires en zone périurbaine.
En 1932, un nouveau type d’ensemble résidentiel fermé fait son apparition : les country clubs. Encore plus élitiste que les quintas, il se différencie, par la présence d’équipementssupplémentaires (salle de remise en forme, club houses…) ce qui en fait une structure résidentielle luxueuse (c’est en partie pour cette raison que cette forme d’habitat tarde à se développer jusque dans les années 1960).
Les années 1970 marquent un véritable tournant pour les countries à Buenos Aires : dans un contexte politique particulièrement instable ponctué d’enlèvements, d’attentatset d’affrontements, on assiste à l’essor considérable de ce mode d’habitat qui fait place à une sécurité renforcée.
A la fin des années 1970, une série de mesures et d’évènements vont définitivement normaliser les ensembles résidentiels fermés et particulièrement les countries. Dans un premier temps, l’ouverture aux capitaux extérieurs, va engendrer une situation duale : les classessociales moyennes et aisées vont bénéficier de ce changement radical en réinvestissant ces nouveaux fonds dans les countries alors que parallèlement les couches sociales les plus vulnérables vont être davantage touchées par une paupérisation à laquelle elles étaient déjà assujetties. L’adoption de la loi provinciale 8912 d’aménagement et d’occupation des sols de 1977 définit pour la première fois lecadre légal des countries.
Dans les années 1990, le retour de la croissance économique cumulée au développement du réseau autoroutier jusqu’aux franges de la grande banlieue ont pour effet direct une construction massive d’ensembles résidentiels enclos au sein de la RMBA : c’est alors l’âge d’or de cette forme d’habitat qui demeurait jusque là encore marginale. Désormais on construit ceux-cide plus en plus loin de la ville-centre (en deuxième voire troisième couronne). Deux raisons majeures peuvent expliquer cette nouvelle tendance : la recherche d’un nouveau mode de vie (avec davantage d’espace, proximité de la nature…) mais surtout un besoin toujours plus important de l’outil sécuritaire devant une hausse exponentielle de la délinquance.
Les années 1990 ont également fait...