Les rapports h f

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Les rapports hommes – femmes

✓ Document 1 : Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation, livre V, 1762.
✓ Document 2: Joseph De Maistre, Lettre à sa fille, 1808.
✓ Document 3 Élisabeth Badinter, L'un est l’autre, Odile Jacob, 1986.
✓ Document 4 Josette Alia, « Alors, heureuses ? », article paru dans Le Nouvel Observateur, 6-12 décembre 1990.
✓ Document 5 : Sempé, Unléger décalage, 1977.

|DOCUMENT 1 |La servante du seigneur |

Cultiver dans les femmes les qualités de l'homme, et négliger celles qui leur sont propres, c'est donc visiblement travailler à leur préjudice. Les rusées le voient trop bien pour en être les dupes ;en tâchant d'usurper nos avantages, elles n'abandonnent pas les leurs ; mais il arrive de là que, ne pouvant bien ménager les uns et les autres parce qu’ils sont incompatibles, elles restent au-dessous de leur portée sans se mettre à la nôtre, et perdent la moitié de leur prix. Croyez-moi, mère judicieuse, ne faites point de votre fille un honnête homme, comme pour donner un démenti à la nature ;faites-en une honnête femme et soyez sûre qu'elle en vaudra mieux pour elle et pour nous.
S'ensuit-il qu'elle doive être élevée dans l'ignorance de toute chose, et bornée aux seules fonctions du ménage ? L’homme fera-t-il sa servante de sa compagne ? Se privera-t-il auprès d'elle du plus grand charme de la société ? Pour mieux l'asservir l'empêchera-t-il de rien sentir, de rien connaître ?En fera-t-il un véritable automate ? Non, sans doute ; ainsi ne l'a pas dit la nature, qui donne aux femmes un esprit si agréable et si délié ; au contraire, elle veut qu'elles pensent, qu'elles jugent, qu'elles aiment, qu'elles connaissent, qu'elles cultivent leur esprit comme leur figure ; ce sont les armes qu'elle leur donne pour suppléer à la force qui leur manque et pour diriger la nôtre.Elles doivent apprendre beaucoup de choses, mais seulement celles qu'il leur convient de savoir. [...]
De la bonne constitution des mères dépend d'abord celle des enfants ; du soin des femmes dépend la première éducation des hommes ; des femmes dépendent encore leurs mœurs, leurs passions, leurs goûts, leurs plaisirs, leur bonheur même. Ainsi toute l'éducation des femmes doit être relative auxhommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d'eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu'on doit leur apprendre dès leur enfance. Tant qu’on ne remontera pas à ce principe, on s'écartera du but, et tous les préceptes qu'on leur donnera ne servirontde rien pour leur bonheur ni pour le nôtre.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation, livre V, 1762.

|DOCUMENT 2 |À Mademoiselle Constance de Maistre |

Saint-Pétersbourg, 1808.

Tu me demandes donc, ma chère enfant, après avoir lu mon sermon sur la science desfemmes, d'où vient qu’elles sont condamnées à la médiocrité ? Tu me demandes en cela la raison d'une chose qui n'existe pas et que je n'ai jamais dite. Les femmes ne sont nullement condamnées à la médiocrité; elles peuvent même prétendre au sublime, mais au sublime féminin. Chaque être doit se tenir à sa place, et ne pas affecter d'autres perfections que celles qui lui appartiennent. [...] L’erreur decertaines femmes est d'imaginer que, pour être distinguées, elles doivent l'être à la manière des hommes, il n’y a rien de plus faux.
Je t'ai fait voir ce que cela vaut. Si une belle dame m'avait demandé, il y a vingt ans : « Ne croyez-vous pas, monsieur, qu'une dame pourrait être un grand général comme un homme ? » je n'aurais pas manqué de lui répondre : « Sans doute, madame. Si vous...
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