Les regret de joachim du bellay

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Les Regrets
Joachim Du Bellay
Je ne veux point fouiller au sein de la nature

Après avoir été l’un des rédacteurs le plus enthousiaste de La défense et illustrations de la langue française en 1548 dans laquelle les poètes de la Pléiade assignaient à la poésie un but philosophique à l’imitation de Virgile et de Lucrèce, Du Bellay revient sur ses positions et affirme son intention de s’orientervers un lyrisme (expression des sentiments) plus personnel. La structure du sonnet met en évidence l’opposition entre les genres nobles qu’il critique dans le premier quatrain et le début du second, et une forme d’inspiration moins ambitieuse tirée du quotidien évoque les différentes facettes tout en lançant dans le dernier tercet une nouvelle pointe contre les mobiles de la Pléiade.

I Remiseen cause de la Pléiade
Elle s’opère dans les six premiers vers et est reprise dans le dernier tercet.
A) Elle concerne tout d’abord les sujets abordés par la poésie savante à l’initiation des poètes grecs et latins : c’est ce que désigne les expressions sein de la nature, esprit de l’univers, etc... Cette accumulation laisse entendre que la poésie pourrait tourner à une emphase qui s’exerce àvide : qu’est-ce que l’esprit de l’univers ou bien la périphrase abîmes couverts pour désigner une grotte donne à ce débit un ton pompeux à interpréter ironiquement. A cela s’ajoute les hauts arguments à savoir les sujets nobles et complexes dont il est question au vers 6.
B) De même, les efforts du poète pour traiter ces sujets sont présentés de manière comique. Il n’y parvient qu’au prix d’untravail abrutissant (fouiller, chercher, sonder) d’où l’inspiration semble avoir disparue. L’accumulation des infinitifs à la fin des premiers prémistiches insiste sur le caractère inutilement astreignant de ce type de poésie.
C) Enfin, il critique le côté artificiel, tout d’abord de la grandiloquence, l’exagération qu’il faut discerner derrière l’expression riche peinture ou l’abâtardissement d’unepoésie qui, à l’initiation de Pétrarque, un de ses premiers maîtres, se perd dans des raffinements acrobatiques qu’il ridiculise par une personnification amusante. Ils sont assimilés à une coquette qui se déguise, se peigne et se frise pour faire illusion. On remarque que le retour à la satire se signale par la reprise ironique des infinitifs peigner, friser, déguiser et la métaphore inutile bienque quelque peu modifiée.

II L’art poétique personnel de Du Bellay
A) Il prend avec détermination le contre-pied de ses affirmations de 1548, ce qui est mis en évidence par la triple reprise anaphorique du je et l’accumulation de locutions négatives (je ne veux point, aussi ne veux-je).
B) Il revendique la liberté par rapport à une doctrine qui imposait les sujets, même avec les meilleuresintentions. Son choix se porte désormais sur des sujets modernes parfois anecdotiques : mais suivant de ce lieu les accidents divers ou plus intimes : ses vers deviennent ses confidents de ses états d’âme.
C) En ce qui concerne le style, il s’oppose aux méthodes rébarbatives de la poésie savante qui recommande l’emploi des figures de style. Il renoue avec une inspiration naturelle : j’écris àl’aventure sans objectif précis soit de bien, soit de mal. Il ne se sent pas obligé de faire l’éloge ou le blâme de quoi que ce soit. Il écrit selon humeur. Rejetant les contraintes, il se présente comme un Homme libre et sensible, ce qui apparaît dans la fluidité des vers 7,8,9 et 10 où l’on note la présence de coupes qui n’apparaissaient pas dans les six vers précédents. De même à la successionrigoureuse des infinitifs succède des sonorités douces qui se manifestent par des phénomènes d’écho avec vers et regrets vers 9, ou au vers 10 avec eux et leur, qui se poursuit sur l’ensemble du tercet avec une utilisation judicieuse des rimes et est complétée par un jeu sur les mots : secrets et secrétaires.
D) Ce rejet a un prix : c’est l’abandon de l’espoir de passer à l’immortalité : d’où...
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