Les relations entre turquie et caucase

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  • Publié le : 29 novembre 2009
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Le Caucase désigne l’ensemble formé par la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan (région transcaucasique, ou Sud-Caucase), ainsi que les territoires russes limitrophes de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan (Caucase du Nord). Mais la question des rapports avec la Turquie fait peu appel à ces territoires russes ; ainsi nous réduirons ici le terme de Caucase à la seule Transcaucasie.

L’extrêmemorcellement du Caucase s’explique à la fois par l’histoire et par la géographie de cet ensemble.
Tour à tour, les empires perse, mongol, ottoman et russe ont occupé un espace composé de hautes montagnes et de vallées profondes. Carrefour des empires passés, le Caucase garde la marque de ces passages successifs : on y compte 38 ethnies différentes, parlant chacun une langue particulière. Lestrois groupes de langues (caucasienne, indo-européenne, et turque) originels se sont subdivisés : l’isolement par le reflief des différentes ethnies a contribué à la singularisation de chacune des langues.
La Russie est le dernier Etat au XXe siècle à s’être approprié le Caucase. Staline, dans les années 1920, procéda au redécoupage des frontières internes du Caucase qui aboutit au brassagedes ethnies. Mais à la chute de l’URSS, les Etats nouvellement indépendants voulurent renforcer chacun leur homogénéité ethnique ; les dissensions plongèrent chacun de ces trois Etats en guerre civile.

Turcophone, le Caucase l’est partiellement… Si l’empire ottoman n’occupa qu’épisodiquement le Caucase dans sa totalité, il domina néanmoins les royaumes de l’ouest et du sud de la Géorgiedu XVe au début du XIXe siècle, voire jusqu’en 1878 pour certaines provinces. En outre, 6 langues turques, principalement concentrées en Azerbaïdjan, sont parlées dans le Caucase. C’est pourquoi en 1991, la Turquie cherche à se rapprocher de cet espace.

La politique turque au Caucase est un jeu complexe d’alliances parfois contradictoires. Ce territoire est un enjeu à la fois commercialet stratégique pour elle ; et la Turquie exprime, par cette politique ambiguë, le rapport qu’elle entretient à la fois avec le monde turc et avec l’Europe.

I. Un enjeu économique : désenclaver pour pénétrer de nouveaux marchés.

II. Un enjeu stratégique : dominer pour s’inscrire et s’affirmer dans un monde multipolaire

III. La situation actuelle, entrenormalisation des relations, défiances persistantes et pression internationale

I. Le Caucase, un enjeu économique

i. Initiatives occidentales-turques

En 1991, suite à l’indépendance des Etats du Caucase, le président turc Turgut Ozal annonce devant l’Assemblée de son pays que la Turquie ne doit pas laisser passer sa chance, et affirme que le XXIe siècle sera turc. Ankara reconnaîtimmédiatement ces Etats, l’Arménie comprise, et est parmi les premières capitales à y envoyer des représentants diplomatiques.
Les Etats-Unis et l’Europe soutiennent les projets turcs, craignant que l’Iran ou la Russie ne s’imposent et ne désenclavent eux-mêmes les trois Etats.

L’Azerbaïdjan a un atout majeur : le pétrole, mais le seul oléoduc existant en 1995 relie Bakou à Novorossisk(Russie), et présente l’inconvénient de traverser la Tchétchénie, très instable. Pour diversifier ses chemins d’exportation, le consortium azéri, soutenu par les Etats-Unis, projette l’ouverture d’une « route de l’ouest », en deux temps :

• Bakou – Soupsa (Géorgie), oléoduc inauguré en 1999.
• Bakou – Tbilissi (Géorgie) – Ceyhan (port turc sur la Méditerranée), oléoduc inauguré en 2006.L’initiative de ces tracés est en partie américaine (ceux-ci court-circuitent le monopole russe et traversent la Turquie, où les Etats-Unis ont plusieurs bases d’installées), mais la Géorgie et l’Azerbaïdjan y trouvent leur compte. La Turquie approuve aussi : prenant conscience de son emplacement stratégique, elle ambitionne peu à peu de devenir le passage obligé des hydrocarbures d’est...
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