Les relations syro-iraniennes au liban

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  • Publié le : 24 mars 2011
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Le Hezbollah est au cœur des relations syro-iraniennes au Liban, il en constitue un puissant analyseur.

La contrainte iranienne s’exerce sur le Hezbollah par l’intermédiaire de l’idéologie khomeyniste de la wilayat al faqih. Celle-ci confère au guide suprême de la république islamique un rôle politique légitimé par une idéologie chiite révolutionnaire et internationaliste. Les dirigeants duparti et plus généralement l’ensemble de ses membres prêtent allégeance au wali al faqih qui édicte les ‘lignes générales’ de son action politique (Saad-Ghorayeb, 2002).

La contrainte syrienne est d’ordre politique. Si le Hezbollah est, à l’origine, l’émanation d’un accord syro-iranien, c’est qu’il sert les intérêts des deux pays. La Syrie est surtout intéressée par le maintient d’un équilibremilitaire avec Israël par l’intermédiaire des actions de guérilla menées par le Hezbollah au Liban Sud. Il est par contre hors de question pour le régime syrien, et ce jusqu’au retrait de ses troupes du Liban en avril 2005, de permettre à un Hezbollah trop indépendant de mettre en danger la pax syriana de Taëf par des actions militaires de trop grande envergure.

La contrainte libanaise, enfin,est surtout d’ordre pratique. L’expérience de la guerre du Liban confère au Hezbollah une aversion pour la ‘guerre civile’ qu’il considère comme étant la pire ‘injustice’, pire encore que la non-existence d’une république islamique. Cette aversion pour la ‘guerre civile’ est un facteur de modération quant aux actions militaires du Hezbollah. De plus, la réalité communautaire du Liban a poussé leHezbollah à reporter sin die son projet de république islamique. Enfin, la participation du Hezbollah aux élections législatives libanaises depuis 1992, est un troisième facteur de modération qui a poussé le parti au compromis politique et à la discussion parlementaire (Norton, 1998).
1982-1984 La relation syro-iranienne. En dépit des différences idéologiques qui opposent la Syrie et l’Iran,l’existence d’ennemis communs tels que l’Irak et Israël est une raison suffisante à leur rapprochement stratégique. Ainsi, malgré une relation tendue, conduisant parfois au conflit ouvert, la Syrie et l’Iran ont su conserver une alliance stratégique durable qui a été une condition nécessaire de la création et des succès militaires et politiques du Hezbollah au Liban. L’isolement de la Syrie dans le mondearabe – suite aux accords de Camp David en 1979 – et l’avance qu’Israël avait pris sur elle dans la guerre du Liban lors de l’invasion de 1982 d’une part, la volonté iranienne d’exporter sa révolution – en 1979 aussi – hors de ses frontières d’autre part, ont conduit à un accord militaire syro-iranien qui a permis le déploiement de 1500 Pasdaran dans la Bekaa en 1982 (AnNahar, 26 mai 1986).L’arrivée de l’Iran sur la scène libanaise a été d’une aide précieuse à la Syrie dans sa lutte contre Israël. Pour l’Iran, le Hezbollah est un moyen de transcender la barrière linguistique et de projeter l’idéologie khomeyniste sur des populations arabes. De plus, la présence de l’Iran au Liban lui permet, outre d’avoir un pied dans le conflit israélo-arabe, de disposer d’un levier pour exercer despressions sur les nombreuses puissances occidentales alors présentes au Liban. La coïncidence des intérêts syrien et iranien est parfaitement illustrée par les premières actions attribuées au Hezbollah soit, l’attaque de l’ambassade américaine à Beyrouth en avril 1983 et les attaques suicides contre les contingents américain et français de la Force Multinationale en octobre 1983. Ces actions servent lesintérêts syriens dans le sens où elles tentent de se débarrasser de la présence militaire occidentale au Liban et vise à faire capoter l’accord conclut entre Gemayel et Israël en mai 1983 (Ranstorp, 1997). Pour l’Iran ces actions sont partie intégrante de sa guerre contre l’Irak alors soutenu par la France et les Etats-Unis. Malgré cette coïncidence des intérêts syriens et iraniens, des...
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