Les sens ne sont-ils pas suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances?

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  • Publié le : 13 décembre 2012
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Les sens semblent être, dès la naissance, une fonction naturelle nous
permettant d’observer, d’entendre, de sentir les éléments que le
monde nous offre. C’est ainsi que le monde se présente à nous.
Mais étant des êtres curieux à découvrir encore plus que ce que le
monde nous offre, nous nous efforçons a l’explorer et l’enquêter
scientifiquement : les sens sont donc des fournisseurs deconnaissances. Mais nous pouvons cependant nous demander si nos
sens ne sont pas suffisants pour nous fournir toutes nos
connaissances : Nos connaissances sont-ils aussi accessibles par
d’autres fonctions d’esprit ?
Pour répondre a cette question, on va d’abord définir le mot
« connaissance » afin d’examiner quels connaissances nos sens
fournissent, ainsi que la nature de celles-ci. Ensuite nousdécouvrirons la possibilité des connaissances par d’autres fonctions
d’esprit tel que la raison et l’entendement pur. Si nos sens nous
fournissaient toutes nos connaissances, que dirions-nous des
mathématiques ? Ensuite nous verrons si les connaissances que seul
les sens sont capables de fournir n’exigent pas aussi de mettre en
oeuvre d’autres fonctions rationnelles ou intellectuelles.
Nouspouvons définir le mot « connaissance » en étant
tout ce dont nous avons connaissance, qu’elles soient
scientifiques, ou quelconques, fiables ou pas, quel que
soit sa nature ou la façon dont nous l’avons perçu (si
nous l’avons entendu dans un discours, vu dans une représentation
etc…) D’un autre part, nous entendons dans
le mot « sens » la fonction qui nous permet de nous
mettre en contactavec le monde. Cette fonction nous
fait enregistrer nos expériences selon les objectivités des
réalités du monde eux-mêmes. En tant qu’humains, nous
vivons au milieu de ces réalités, et nous en prenons
connaissance pas seulement en les observant et en faisant
l’expérience à travers les sens, mais aussi en nous
cultivant par enseignement avec les discours, les signes
et les représentationsen plus du simple fait que nous vivons
au milieu d’elles.

Nous pouvons d’abord établir le fait que nos connaissances
ne viennent pas seulement de nos expériences
sensibles : ces connaissances « par ouï-dire » correspondent
aux situations fondamentales de la condition humaine qui sont l’éducation, la culture, l’enseignement
et la conversation. Ces caractéristiques nous ouvrent la
porte auxconnaissances par opinion, par croyance, par
représentation et par imagination : l’éducation rend possible
les connaissances qui seraient impossible d’apprendre
par l’expérience sensible directe. Mais l’expérience
directe nous fournit des connaissances que l’éducation
humaine ne peut se faire dispenser de faire acquérir.
Ce n’est donc pas seulement la parole et le discours qui
nous fournitdes connaissances, mais l’expérience sensible,
c’est-à-dire le contact, la participation, l’immersion
qui nous acquièrent beaucoup de nos connaissances les
plus fondamentales, notamment dans notre formation
première : le comportement de l’Homme, la façon dont il
vit, il mange, il aime s’acquièrent en participant à une
communauté, par imitation, imprégnation, par l’affect.
Nous pouvons doncdire que dans la mesure ou
« connaissance » est pris au sens large, sans rapport à la
vérité et que le mot « sens » est pris de façon déterminé
comme fonction d’esprit en les limitant à leur usage, les
sens ne sont, de fait, pas suffisants pour nous fournir
toutes nos connaissances, dans les circonstances les plus
générales de la condition humaine.
Mais même quand nous apprenons quelquechose en
l’écoutant, le voyant dans une représentation, on peut
remarquer que c’est en effet à travers le canal des sens
que nous en prenons connaissance. Cependant, nous
pouvons nous demander si les sens sont la source des
connaissances vraies, qui ont une valeur objective.
Les connaissances par contact, c’est-à-dire par participation,
fusion, sont des connaissances qui ne cherchent pas...