Les sens ne sont-ils pas suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances?

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  • Publié le: 22 mars 2009
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Les sens semblent être la fonction par laquelle nous percevons le monde. Ils paraissent être parmi les données les plus élémentaires, les plus précoces et les plus universelles : dès la naissance, nous sommes en relation avec le monde et avec lui-même par la sensation, au travers duquel le monde semble se donner de lui-même, se présenter de lui-même à nous. La sensation est une intelligenceintuitive et immédiate,
la prise de conscience d'un phénomène ( le chaud, le froid, le sucré, le bleu ), caractérisée par une réceptivité et une passivité pures. Les sens paraissent nous fournir des connaissances de la manière la plus simple, la plus naturelle. Mais toutes nos connaissances nous sont-elles fournies par cette sensibilité constante ou bien ne semble-t-elle pas provenir d'autres sources? Et de ces connaissances qui viendraient à nous par les sens, nous viendraient-elles exclusivement des sens et par
les sens, ou bien susciteraient-elles une fonction de l'esprit (réflexion, intelligence, raison ) ? Faudrait-il alors recourir systématiquement aux fonctions de l'esprit pour acquérir des connaissances où la réceptivité et la passivité ne seraient pas tout ?

Le terme deconnaissance désigne en premier lieu l'acte par lequel nous nous efforçons de discerner et de définir un objet qui se présente à nous. « Le premier et le moindre degré de connaissance, c'est d'apercevoir » (Condillac ). Je vois un bateau au loin, ainsi je fais appel au sens de la vue et dès lors, je connais l'existence de ce bateau. De même, j'entends sonner le téléphone, je sens les clefs dans mapoche, etc. Lorsque je lis un livre ou bien que j'écoute une information, je suscite également l'usage de mes sens. Il existe un courant de pensée, l'empirisme, notamment soutenu par Locke ( 1632-1704 ) et Hume ( 1711-1776 ) qui affirme que nos connaissances ne proviendraient seulement du simple enregistrement passif de nos données sensibles. De même, Montaigne en son temps ( Essais ) puis Voltaire (Micromégas ) et Maupassant ( Lettre d'un fou ) ont insisté sur le fait que nos connaissances ne reposent que sur nos sensations. Il suffirait alors de contracter des expériences personnelles et par les données ou impressions des sens qu'elles nous fournissent, acquérir des connaissances. « Les choses qu'il faut avoir apprises pour les faire, c'est en les faisant que nous les apprenons ». Cettephrase d'Aristote résume les caractéristiques du savoir expérimental. Une expérience semble être tout d'abord de l'ordre du constat passif de nos sens. Supposons que chaque jour, nous voyions le soleil se lever et se coucher alors, naturellement nous nous attendrons à ce qu'un tel phénomène se reproduise. Dès lors, on s'aperçoit que les habitudes peuvent constituer une limite car à force de voir serépéter tous les jours la même chose, ou bien de voir tous les jours le même
objet, on n'y fait plus vraiment attention. On s'aperçoit également que cette simple expérience suppose une élaboration et suscite d'autres usages que celui de nos sens, qu'elle suscite notamment l'emploi de notre mémoire ( rapporter les mouvements du soleil ), de notre raisonnement ( le reconnaître à différents momentsdu temps ) et une certaine part d'intelligence ( être en mesure d'anticiper ses apparitions ).
Cependant, si l'on ne s'en tient qu'au constat de nos sens, une telle expérience permet sans doute de constituer une première forme de savoir, mais on en observe très vite les limites : il suffirait de nous situer au-delà du cercle polaire par exemple, pour que notre savoir primairement acquis soit prisen défaut. Dans un premier temps, on peut donc dire que les sensations sont vues comme une base essentielle du savoir : je me brûle avec le feu, j'obtiens une connaissance par le feu ( c'est dangereux qi je m'approche trop, mais ca peut me réchauffer si je reste à proximité ) mais ensuite, on se rend compte que les sensations peuvent nous tromper : je plonge le bout d'un bâton dans l'eau,...
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