Les usines

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  • Publié le : 30 juin 2010
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Lecture analytique « A la musique » d'Arthur Rimbaud



Intro :

Amorce : vous pouvez partir de Charleville, ville de garnison, la ville natale de Rimbaud, associée à sa mère donc ainsi qu'à la bourgeoisie et à la religion. Ville que Rimbaud déteste et qu'il qualifie dans sa correspondance (lettre à Izambard) de ville suprêmement idiote.

Situation du texte : la cité est expressémentnommé dans le sous-titre « Place de la gare à Charleville », de ce poème intitulé « A la musique », rédigé en 1870 et extrait du recueil Les cahiers de Douai.

Présentation du texte : Cette ville est l'occasion d'un tableau, description dans laquelle le jeune poète porte un regard acerbe et critique sur les habitants, fustigeant la bourgeoisie qu'il confronte à un groupe de jeunes gens.Problématique : montrer comment ce tableau d'un décor extérieur et des personnages qui l'animent est l'occasion pour Rimbaud de se livrer à une nouvelle satire de la bourgeoisie dont il se sent en marge.

Plan :

- axe 1 : une construction en diptyque

- axe 2 : la satire d'une bourgeoisie de province ou le monde de l'ordre

- axe 3 : les éléments du désordre.



Axe 1 :L'évocation de la ville de Charleville, et plus particulièrement de la Place de la gare, s'organise dans ce poème selon une construction binaire. Il s'agit d'un tableau en diptyque.

A - Un tableau :

On peut parler de tableau dans la mesure où le discours descriptif domine : évocation du décor, nombreux adjectifs, expansions du nom, présent descriptif. Tableau animé ici.

Le décor estextérieur.

La description procède par plan.

- toile de fond : « place taillée » « mesquines pelouses » « square » « les arbres et les fleurs »

- arrière plan : tableau de foule « tous les bourgeois poussifs »

- 1er plan : évocation de détails notamment à travers le portrait de personnages pris individuellement, isolé de la foule par l'acuité du regard du poète.

Leregard part du lointain et du général pour se focaliser sur des points précis.

B - Un diptyque :

Cette foule se divise en deux groupes humains bien distincts. Le tableau comprend deux volets, réunis par un thème commun : ici le concert donné place de la gare. On peut donc parler de diptyque.

- v 1 à 24 : peinture de la bourgeoisie et d'un univers où règne l'ordre

- v 25 à lafin : univers du désordre. La transition est soulignée par la présence à l'initiale du v 25, sous l'accent, du pronom tonique de la 1ère personne « MOI ». Attention, le Moi et le JE ne se confondent pas forcément avec le poète.

Dans le 1er univers tout semble organisé, rien n'est laissé au hasard, tout est ordonné : expressions comme « place taillée »/ 3square où tout est correct » « les jeudissoirs » indique une habitude, vie réglée + présent à valeur itérative. Importance des indices spatiaux comme « au milieu » « aux premiers rangs » qui donnent l'impression que chacun a une place bien définie.

Toutefois cet univers se voit perturbé dans le sixième quatrain qui évoque « les voyous ». Ce quatrain occupe une place et une fonction particulière : le monde des voyous semble encontradiction avec l'atmosphère précédente, mais le lien entre les deux mondes est assurée par l'idée de contrebande qui suppose finalement cette présence des voyous.

Dans le second univers, le rire domine. Aux vêtements étriqués s'oppose l'adjectif « débraillé », aux « grosses dames » les « alertes fillettes ». Les pelouses sont graduellement devenues « gazons », la vieillesse cède la place àl'évocation de la jeunesse, et les discussions sérieuses sont supplantées par les jeux de séduction. Importance des allitérations en [S] qui témoignent de cette sensualité débordante.



Axe 2 : la satire de la bourgeoisie ou le monde de l'ordre.

Ce monde bourgeois est donc un monde perclus d'habitudes.

A - la caricature générale :

- « les mesquines pelouses » : hypallage : figure...
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