Les violences scolaire

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  • Publié le : 16 mai 2010
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Les violences scolaires

La violence à l'école : phénomène central ou marginal ?
Élaborées par la Direction Centrale de la Sécurité Publique, les premières statistiques générales sur la violence à l'école datent en France de 1994. La période 1994-1997 est marquée par une augmentation très modérée des actes de violence « envers les élèves » et « envers les personnels ». Surtout, le nombred'actes recensés demeure limité. En 1997, les violences « envers les élèves », les plus nombreuses, ont concerné moins de 1500 élèves. Rapportée au nombre d'élèves, cette violence scolaire est très inférieure à celle que connaît la société des adultes.
Les violences à l'encontre des personnels de l'éducation nationale sont encore moins fréquentes. Ainsi en 1997, moins de 300 agressions sontconstatées. De telles données justifient pleinement le constat de l'inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale de l'époque. Dans son rapport de 1998, celle-ci considère que la violence constitue un phénomène marginal : « l'immense majorité des établissements est épargnée par les manifestations de violence avérée » ; « dans un environnement tendu, l'établissement apparaît, parcontraste, comme une zone préservée. » (Ministère de l'éducation nationale, 1998).
Ces premières statistiques, plutôt réconfortantes, n'ont pourtant pas limité le succès médiatique du thème de la violence à l'école. Ce succès contribue à expliquer la mise en place du logiciel SIGNA à la rentrée 2001 dont l'objet est le recensement des violences scolaires. Il existe plusieurs façons de rendre compte desdonnées recueillies par chaque établissement et globalisées par le ministère.
Plus la statistique est présentée d'une façon brute, moins sa signification est claire. Par exemple, Houllé (2005) indique que 80 000 incidents ont été signalés en 2004-2005. Le chiffre paraît énorme. On en comprend mieux la signification quand ces incidents sont rapportés au nombre d'établissements : 14 incidents paran en moyenne. Une autre information, plus éclairante encore, est donnée par le nombre moyen d'incidents pour 100 élèves : 2,4 en 2004. Un phénomène qui paraissait initialement massif devient brusquement mineur. Il l’est davantage encore si on ne retient dans ces violences que les plus graves. On retrouve les conclusions de l'inspection générale : l'établissement scolaire apparaît « comme une zonepréservée. »

La violence envers les enseignants
Il existe deux raisons de s'intéresser spécifiquement à la violence envers les enseignants. D'abord, la représentation la plus usuelle de la violence scolaire retient essentiellement les violences envers les professeurs. Il est donc nécessaire de confronter la représentation ordinaire de la violence à sa connaissance statistique. Ensuite, ils'agit d'une violence strictement scolaire : elle est liée au processus d’apprentissage, à la relation maître-élèves.
Sur les 80 000 incidents signalés en 2004-2005, 12 586 ont pour victime un enseignant, soit 15.7 %. Les violences envers les professeurs ne représentent donc qu'un pourcentage limité de la violence dite scolaire. Une question tout à fait centrale est celle de la gravité de cesviolences. Un indicateur pertinent est l'existence d'une plainte. Globalement, le recours à la plainte est très peu fréquent. Les 12 586 incidents dont sont victimes les professeurs débouchent sur seulement 173 plaintes (soit moins de 1,5 %). On retrouve encore une fois les ordres de grandeur publiés par la Direction Centrale de la Sécurité Publique en 1997.
La probabilité de porter plainte estdirectement en rapport avec le type d'incidents. Lorsqu'il s'agit d'une violence physique avec armes ou « arme par destination » (par exemple, une chaise), le taux de plainte dépasse 30 %. La catégorie statistique est suffisamment explicite pour désigner une situation grave qui justifie une forte proportion de plaintes. Il en est tout autrement des « insultes ou menaces graves » : les 10 039 incidents...
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