Les vrais richesses de jean giono

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  • Publié le : 15 juin 2011
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Les Vraies richesses de Jean Giono ; 1936.

Jean Giono est un écrivain, traducteur, romancier et essayiste français du 20ème siècle ; dans ses romans et dans ses essais, il a toujours accordé beaucoup de place aux liens entre l'homme et la nature, si bien que ses histoires se sont souvent déroulées dans un cadre provincial et rurale et que les éléments naturels y ont pris autant de place queles être humains. Sur les questions de la guerre et de la vie moderne, il a souvent manifesté une contestation.
Le passage étudié est extrait d'un essai, Les vraies Richesses, publié en 1936 ; Giono y donne les fruits des discussions qu'il a eues avec les personnes qui l'avaient rejoint dans le Cantadour en Provence, à l'écart de la vie moderne de son temps. Dans ce passage, il aborde le thème dubonheur de la jeunesse de son temps.
Nous nous demanderons comment l'auteur nous fait adhérer à sa vision du bonheur humain.
Logiquement, nous expliquerons d'abord ce qu'est cette vision du bonheur ; nous montrerons ensuite qu'elle aborde son sujet sous un angle individuel et universel ; enfin, nous montrerons, que cette argumentation s'adresse sutout à la sensibilité et à l'imagination.

***Avant toute chose, Jean Giono aborde le thème argumentatif du bonheur selon l'angle de l'épanouissement personnel mais aussi selon l'angle de la vie des générations, la vie professionnelle et sociale : selon lui,le bonheur d'un homme consiste à demeurer fidèle à son milieu d'origine et à l'utilité de ses actions, qui lui donnent de l'indépendance.
Giono part d'un constat malheureux : il connaitpersonnellement des « étudiants », des « adolescents » qui se désespèrent de ne pas trouver d'activité professionnelle en rapport avec leur niveau d'étude élevé. Il trouve que cette jeunesse est « amère » ; il dit que ces jeunes sont en « souffrance ».
Pour lui la réussite à laquelle ces jeunes aspirent est une fausse réussite : il leur conseille de chercher à avoir une vie réussie plutôtqu'une réussite sociale et économique dans des métiers citadins et modernes : « professeurs », « contrôleurs des finances », « astronomes ». Sa préférence pour la vie en générale s'exprime dans son emploi du mot « vie » dans la double expression suivante : « réussir sa vie » contre « vivre, c'est la plus grande des réussites». Dans la première proposition la « vie » est placé en complément d'objet,dans la seconde proposition, elle occupe le centre sous la forme verbale à l'infinitif : « vivre », employé de façon absolue, sans complément donc ; de plus cette action est valorisée par une comparaison superlative de supériorité : « la plus grande des réussites» ; on remarque que d'une partie à l'autre, l'ordre des mots s'inverse : « réussir+ vie//vivre+réussite »; c'est une construction quis'appelle un chiasme, il a pour effet de marquer une opposition. Par ailleurs, pour Giono, « vivre » signifie trouver « des joies » dans ses activités professionnelles ; le mot est employé deux fois : « gagneras des joies », « ses joies », ce qui montre la place centrale que l'auteur accorde à cette notion. Il lui associe une autre notion : la jeunesse, qu'il met en valeur dans une construction quiindique une gradation de valeur : « non seulement la science mais encore la jeunesse ».
La condition de cette réussite supérieure est la fidélité à son milieu d'origine. Selon Giono, un jeune ne doit pas à tout prix vouloir quitter le métier de ses parents et le milieu où ils vivent ; le jeune le plus apte à trouver la joie est «  l'adolescent qui sort des grandes écoles, la tête couverte delauriers, mais qui se dirige vers la forge de son père, l'atelier de l'artisan ou les champs dans lesquels la charrue est restée en de vieilles mains ». La double référence au « père » et « aux vieilles mains » indique qu'il privilégie la continuité de l'activité d'une génération à l'autre, une forme de passage de relai. Giono imagine le travail comme un compagnonage entre les jeunes et les anciens :...
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