Lettre d'une inconnue, une si longue lettre (commentaire comparé)

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  • Publié le : 11 décembre 2010
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Commentaire comparé• Une si longue lettre, séquences 1-2• « Brief einer Unbekannten »/ « Lettre d’une inconnue », LdP pp. 106-109 jusqu’à « la mort de son unique enfant »Les deux textes réunis dans ce commentaire pourraient avoir peu de choses à voir l’un avec l’autre (une nouvelle d’un écrivain voyageur de la Vienne des années 20 ; un roman d’une romancière sénégalaise paru en 1979…).Mais  ilsont en réalité plusieurs points communs :-1. Débuts des œuvres, premières pages de chacune d’elles ;-2. Episode funèbre présent dans les deux textes ;-3. Communication spécifique entre deux personnages, l’un qui écrit, l’autre qui lit.Ces trois aspects peuvent chacun induire des phénomènes particuliers et intéressants :-1. Mise en place du pacte de lecture au début de l’œuvre ; prise de contact dulecteur avec les personnages ; il faut séduire et captiver ce lecteur pour qu’il poursuive sa lecture (captatio benevolentiae, expression latin peu traduisible : c’est la « captation de la bienveillance », de la bonne volonté (bene-volens) du lecteur, le fait d’éveiller, de susciter son intérêt, et plus exactement de retenir, d’accrocher son attention) ;-2. L’épisode funèbre est à la fois un toposde la littérature et une scène qui pose problème à la représentation (que peut-on représenter de la mort ? -3. La communication écrite des personnages fait-elle de ces textes des romans ou nouvelles épistolaires ? Cette communication est-elle homologue à celle de l’auteur et du lecteur ?En outre, ces différents problèmes s’entrecroisent :-1/2 Ces textes commencent par un épisode qui touche à lafin ;-1/3 Le pacte de lecture doit s’établir, indirectement, par l’intermédiaire des personnages scripteurs ou lecteurs ;-2/3 Evoquer la mort devient encore plus complexe dans ces deux cas où les personnages qui écrivent sont très proches de ceux qui viennent de mourir.Au total, pour adopter un angle d’attaque unique, on peut se demander en quoi ces deux textes engagent un rapport problématique àla communication.I. Débuts de lettres/débuts d'oeuvres• I.1. Un cadre épistolaire ?Il y a de nombreuses marques d’une énonciation qui pourrait être celle d’une lettre :-Adresse au destinataire (« Aïssatou », LL ; « A toi qui ne  m’as jamais connue », « épigraphe », LI  p107, « c’est à toi seul que je veux m’adresser LI p.108).-Personnes de l’interlocution (personnes de rang 1 et 2, ici échangeintime marqué par les marques de personne 1 et personne 2 (pronoms personnels je/tu, mais aussi pronom possessifs mon/ton…).-Indications métatextuelles (c’est-à-dire qui portent sur le texte lui-même) : « ouvre un cahier « (LL) ; « table à laquelle je t’écris » (p.108).Pourtant, si le terme de « lettre » apparaît dans les deux titres, il pose problème :-LL : c’est le mot « cahier » qui apparaît dansle texte : chaque section du texte ne semble pas constituer une lettre mais plutôt une page écrite dans le cahier, comme un journal (écriture diariste?). -LI : « courrier » est associé à « lettre », deux fois, avant que ce terme ne soit opposé à « manuscrit » (vs « lettre d’accompagnement », absente), comme « épigraphe » est opposé à « titre » ; s’il y a bien une communication écrite à distance, letexte hésite entre le statut de lettre, sous-entendue authentique, et celui d’œuvre de fiction ; R…, le personnage de lecteur, deviendrait presque une figure du lecteur de la nouvelle; il serait pour le moment devant un texte de fiction qui lui serait envoyé, peut-être en tant que romancier susceptible d'en soutenir la publication: il peut encore croire que cette lettre ne s'adresse pas vraimentà lui.• I.2. Relation scripteur/lecteur-Entre les personnages, un rapport très différent s’établit :/LL : sur le mode de la reconnaissance pour Aïssatou et celle qui lui écrit ; leur couple est celui de la confidence, couple classique de la communication littéraire, notamment au théâtre.//LI : sur le mode beaucoup plus paradoxal de la découverte (on passe de « écriture inconnue » ((en fait,...
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