Lettre

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  • Publié le : 12 octobre 2010
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INTRODUCTION

Les Lettres Persanes est un roman épistolaire publié en 1721. Il s’agit d’une satire. C’est une synthèse brillante de l’esprit de régence, des modes littéraires de l’époque. On pense que ces lettres auraient été écrites en 1717 mais elles font référence à une époque très ciblée qui s’étend sur 8 années : de 1712 à 1720. Ces lettres sont marquées par le vent de libéralisationqui suit la mort de Louis XIV. Y figurent : fantaisie, humour, la manière de prendre les choses à distance et avec une fausse désinvolture. Tout rappelle les caractéristiques d’une vie où l’apparence prend le pas sur la réalité. Importance extrême de l’apparence extérieure : tenue vestimentaire. Métamorphose des modes. Montesquieu s’adapte parfaitement à l’esprit de l’époque. Les modes littérairesde l’époque sont : l’exotisme du goût du jour. On raffole de tous les récits de voyages se référant à l’Orient. Il s’inscrit dans une tradition épistolaire qu’il modifie pour mettre la fiction au service d’une efficacité critique. Il y a aussi la contestation : le regard étranger dépaysé cerne les choses de manière inattendue ; la naïveté va souligner les distorsions au conformisme anesthésiant.Les lettres persanes annoncent l’esprit des lois avec une contestation à la fois sociale, religieuse et politique. Son efficacité peut être atténuée par le caractère brillant et mondain de l’écriture.

I- Expression de l’étonnement

L’étonnement caractérise l’attitude de Rica et de Rusbeck. Il s’exprime de deux manières : par l’utilisation de termes qui caractérisent l’attitude étonnéetraduisant la surprise, et de manière indirecte par la présentation de découvertes étonnantes.

1-Expressions directes

l.8 : « Tu ne me croirais peut-être pas »
l.18 : « Je n’ai eu à peine le temps m’étonner »
l.31 : « ce que je te dis de ce prince ne doit pas t’étonner… »

La récurrence du verbe « étonner » souligne un état de surprise constant.

2-Expressions directes

Elles passent par l’énumération de tout ce qui va l’étonner.
l.5 : « Les maisons y sont si hautes qu’on en jugerait qu’elles sont habitées par des astrologues », double remarque sur les bâtiments et les astrologues.
La rapidité de mouvement des français : l.8 : « je n’ai encore vu marcher personne », l.10 : « Ils courent, ils volent ». Il fait la comparaisonentre l’agitation qui règne à Paris qui contraste avec le rythme oriental.
La richesse du roi de France et l’originalité de ses sources (l.20 à 30) : cf l.23 : « prodige », l.25 : « un grand magicien », l.27 : « il n’a cas ».
Les étranges pouvoirs du pape : l’étonnement de Rica est également provoqué par le comportement d’un autre personnage qu’il situe encore plus haut dans unehiérarchie de « pouvoirs magiques ». Le jeu des comparatifs souligne le jeu d’une surenchère dans le caractère prodigieux des comportements. Ce caractère insolite est présenté par des exemples de magie : l’égalité entre 3 et 1, et le jeu d’affirmation et de négation (l.34) met en relief de véritables pouvoirs surnaturels. Celui-ci est d’ailleurs renforcé par l’expression qui termine l’énumération,laissant entrevoir un pouvoir magique encore plus développé par ce pape.

A travers cette mise en relief de l’étonnement, on perçoit le double mouvement qui domine la démarche choisie par Montesquieu : la présentation insolite de ce qui se passe en France correspond à celle de la vision des persans. En décrivant naïvement ce qu’ils voient, ils transmettent une vision qui devient déroutante pourles français. Il est important de rappeler constamment que cette vision est étrangère, c’est pourquoi les allusions à l’orient sont si nombreuses.

II- La référence orientale

Elle prend plusieurs formes dans le texte, mais elle est toujours là pour rappeler l’origine et la nationalité des supposés auteurs des lettres. Il est important que le lecteur ne perde pas de vue le caractère des...
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