Lettres persanes

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  • Publié le : 22 avril 2010
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DM : Lettres Persanes de Montesquieu

Les Lettres Persanes de Montesquieu, publiées en 1721, présentent une vraie critique du monde occidental. Il se permet ces critiques à travers un roman épistolaire, ou deux Persans communiquent a leurs amis restes en Perse les sentiments et impressions qu’ils reçoivent de la France et plus spécialement de Paris et sa société. A travers leurs lettres,Montesquieu se permet de critiquer la société française en employant un point de vue externe, venant d’une culture totalement différente, de Perse. Ainsi, il critique plusieurs points de cette société, tout au long du roman, parfois indirectement, et parfois beaucoup directement.

Montesquieu critique notamment la vie a Paris, la façon dont celle-ci est menée par les Parisiens, et leurs habitudesquotidiennes, qui semblent étranges aux yeux des Persans. La critique de la vie sociale est directement exprimée par Rica qui dira, s'étant rendu à la comédie française: "tout le peuple s'assemble sur la fin de l'après-midi et va jouer une espèce de scène". En fait, Montesquieu pense que la société française se donne en spectacle à elle-même et on peut supposer qu'il dénonce le ridicule de la viemondaine.

Dans la lettre 24, Montesquieu critique, à travers Rica, l’empressement des Parisiens, qui passent leur vie à courir et à être pressés : « Il n’y a point de gens au monde qui tirent mieux parti de leur machine que les Français : ils courent ; ils volent. ». On retrouve néanmoins dans cette lettre certains éléments de comique qui permettent a la scène d’être moins dure pour les lecteursfrançais : « j’enrage quelquefois comme un Chrétien » nous montre que l’avis est celui d’un étranger, qui critique une société qu’il découvre a peine.

Cette critique se retrouve jusque dans le milieu intellectuel et lettré avec par exemple l'allusion à la querelle des Anciens et des Modernes avec, il faut le noter, une fonction référentielle très poussée. De plus, la lettre 66, dénigre lesauteurs de plagiat lorsque Rica énonce: "De tous les auteurs, il n'y en a point que je méprise plus que les compilateurs, qui vont de tous les côtés chercher des lambeaux des ouvrages des autres qu'ils plaquent dans les leurs comme des pièces de gazon dans un parterre".

L'orgueil et la vanité sont également montrés du doigt toujours à travers les réflexions de Rica notamment en lettre 50: "Jevois de tous côtés des gens qui parlent sans cesse d'eux-mêmes; leurs conversations sont un miroir qui présente toujours leur impertinente figure". On citera également, l'anecdote en lettre 52 où Rica raconte la médisance des quatre femmes de vingt, quarante, soixante et quatre-vingts ans tout en mettant en avant la coquetterie des femmes.

Montesquieu critique également, et largement, lapolitique de la France. La principale source de critique politique est bien sûr le roi, c'est-a-dire Louis XIV. Usbek trace un portrait de lui peu flatteur: à la fois avare et dépensier, lucide et aveugle mais surtout absolu, distribuant des récompenses ou blâmant de façon aléatoire. De plus Usbek refuse le despotisme et critique la monarchie de droit divin qui met en place un roi tel "un soleil quiporte partout la chaleur et la vie" en mettant Dieu au centre des affaires politiques. Dans la lettre 24, Rica dénonce elle aussi la monarchie de droit divin, montrant un Roi tout-puissant, qualifié de « grand magicien » : « s’il n’a qu’un million d’écus dans son trésor, il n’a qu’à persuader [ses sujets] qu’un écu en vaut deux ». Cela montre que le Roi gouverne les Français se considérant comme unDieu, qui peut tout se permettre face à eux.

Montesquieu dénonce aussi l'esclavage. C'est dans la lettre 118 par Usbek que cette critique se fait la plus acerbe: "Quant aux côtes de Guinée, elles doivent être sérieusement dégarnies depuis deux cents ans que les petits rois [...] vendent leurs sujets aux princes de l'Europe" en ajoutant: "Il n'y a rien se si extravagant que de faire périr un...
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