Liaisons dangereuses : quelle est la place de l’humour et de l’ironie dans le roman et dans le film ?

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  • Publié le : 5 avril 2010
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Question 2 : Quelle est la place de l’humour et de l’ironie dans le roman et dans le film ?

Dans son roman épistolaire Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos met en scène deux libertins du XVIII° siècle, la Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont interprétés respectivement par Glenn Close et John Malkovich dans l’interprétation cinématographique de Frears. Véritables stratègesdans l’art de la séduction et de la corruption, ils manient le langage d’une main de maître et l’ironie constitue leur arme favorite. On s’interrogera sur la place occupée par cette ironie et l’humour dans chacune des deux œuvres. Nous verrons dans un premier temps que l’ironie correspond au langage des libertin à partir duquel s’établit la relation de complicité entre les deux personnages. Puis,nous montrerons que l’ironie est aussi une arme et si ils en sont les destinataires, ils peuvent également en être les victimes. Enfin, on s’interrogera à l’ironie de l’auteur lui-même.

Cette ironie, très présente dans l’œuvre de Laclos, est essentiellement visible au sein des lettres du Vicomte ou de la Marquise. En effet, elle correspond à un véritable mode de communication, à un langage àpart entière qui est celui des libertins. C’est à partir de ce langage que s’établit la relation de connivence, de complicité qui lie les deux roués. Cela s’illustre par deux aspects.
Tout d’abord, l’ironie est très présente au sein des échanges épistoliers qui se font directement entre le Vicomte et la Marquise. En effet, dans presque chacune de leur lettre, ils se moquent de leur victimes et deleur valeurs de manière implicite. Ainsi, il existe un décalage permanent entre la lettre de l’énoncé et son sens. Si ce décalage peut être déceler par l’autre, c’est parce qu’ils ont tous les deux les mêmes codes. On notera par exemple que les personnages de Danceny et de Cécile sont sans cesse tournés au ridicule par les libertins. L’ironie à leur égard est permanente et ils sont sans cessetraités comme de simples enfants. Cela s’illustre parfaitement dans la lettre 51 où la Marquise s’amuse de Danceny qu’elle présente comme un « Céladon », idée reprise un peu plus loin par l’expression « pauvre Berger ». Mais il ne s’agit que d’un exemple et tous les personnages, incapables, eux, de maîtriser cette ironie deviennent la cible de la raillerie libertine. Ainsi, ces deux personnagesparodient les langages religieux et galants, parodie qui va parfois jusqu’au blasphème et se placent au-dessus de ce qui suscite le respect. L’utilisation presque systématique de l’ironie souligne donc leur connivence et cette maîtrise de l’ironie les place à un niveau supérieur par rapport aux autres personnages, discrédités par les descriptions pleines de sarcasme qu’ils en font. L’italique permetgénéralement de souligner ce sarcasme. Par exemple, dans la lettre 51, les termes « indécemment » et « merveilleuses » extraits du discours des vieilles dames sont ironiquement mis à distance.
Tout comme Laclos, Frears se moque de certains personnages tels que Cécile ou sa mère. Mais, même si l’on retrouve un peu l’ironie du roman, c’est surtout par l’humour que le réalisateur les ridiculise. En effet,la bêtise de Cécile nous est montrée directement, l’ironie grinçante se transforme alors en parfaite comédie comme l’illustre l’épisode de la clef ou encore le moment où elle demande naïvement à la Marquise si « elle devra faire tout cela avec trois hommes différents ». La maladresse et l’ingénuité dont elle fait preuve ne peuvent en effet que nous faire rire alors que le ton de Laclos reste plussarcastique. Il en va de même pour Danceny dont les larmes invitent à railler l’excès de sensibilité à l’opéra.
Mais la connivence mise en place entre les libertins par l’ironie ne se limite pas aux lettres qu’ils s’envoient l’un l’autre. Leur complicité est également visible dans les lettres qu’ils écrivent aux autres. L’emploi du double langage permet en effet de donner à certaines lettres...
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