Liaisons dangereuses

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  • Publié le : 27 août 2010
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Prégnance des avant-gardes
du XXe siècle

Olivier Garcin

Problématique 
Au-delà du phénomène narratif, ce que l’on nomme communément le scénario, la réalisation d’un film adopte des points de vue formels, ce que l’on nommerait le style. L’écriture de Gus van Sant pour « Elephant » est particulière, tant par les aspects purement techniques que dans la forme de la structure narrative.Aborder un film par cet angle d’attaque permet par rapprochements successifs de le situer dans l’histoire des styles cinématographiques.

L’œuvre de GvS, Elephant, est habitée : nous pouvons y trouver une éducation, un intérêt curieux pour la forme qui se conjugue avec le narratif. Ce lien direct entre la chose qui est racontée, l’évènement, le fait, l’anecdote et la structure porteuse de cettenarration, cette histoire, transporte le spectateur dans une interrogation permanente : « Qui est celui qui voit ? » C’est que la forme cinématographique qu’a adoptée là GvS n’est pas innocente : je veux dire qu’elle n’est pas affranchie de son sujet, bien au contraire, là la forme accompagne le sujet à défaut d’être le sujet comme très souvent chez les inspirateurs de GvS. En effet, s’il y a bienmassacre dans ce film il ne s’agit pas de celui du cinéma, et de ses moyens (d’autant plus que l’on apprend bien vite à la lecture du dossier que ce film, bien que de cinéma, est fait pour un réseau de télévision). Il n’y a pas questionnement de la forme chez GvS, nous parlerons plutôt d’appropriation de formes déjà expérimentées par d’autres cinéastes au culot formel plus ou moins affirmé.
Mais dequelle forme parlons-nous ? Mais de celles qui font que le cinéma est un langage (voir le découpage séquentiel où sont décrits les évènements de la mise en scène caméra), un langage comme tout autre forme articulée, c'est-à-dire en évolution, structurelle et culturelle : les transformations s’opérant par les avancées technologiques (ici un usage majoritaire du procédé «Steadicam») mais aussi parnature dans le corps même du langage qui assume la présence technologique. On assiste dans cette œuvre à l’étrange rencontre de la décision technique avec un fond culturel de référence surprenant, c'est-à-dire apparemment éloigné des formes conventionnelles.


Les éléments dominants du langage de GUS VAN SANT dans Elephant :
Le plan séquence : c’est un procédé de captation qui consiste àenregistrer sur la pellicule ou un support vidéo en une seule prise (longue parfois) une série d’évènements constituant en une séquence une succession de scènes. Cet enchaînement d’évènements de valeurs sémantiques diversifiées «appelle» en quelque sorte des formulations successives apportant des informations qualitativement différentes mais cependant toutes au service de la narration et/ou du proposartistique, formel, plastique, tant du point de vue de l’image que de celui –paradoxalement- du son.

La caméra portée (la Steadicam) : Shining de Stanley Kubrick, images de Garret Brown, est le film prototype de la réalisation avec le procédé Steadicam, il s’agissait alors de suivre un enfant emporté dans une course dans les couloirs d’un très grand hôtel. Ce procédé permet de maintenir unecertaine stabilité de l’image quels que soient les accidents topographiques qui peuvent jalonner le plateau (escaliers, bosses, trous à franchir d’un bond par exemple) conduisant la réalisation alors à faire l’économie de fastidieux travelling sur rail (dans Elephant, si c’était ce procédé qui avait été choisi un formidable réseau ferroviaire eût été nécessaire). Le cadre à la Steadicam n’est jamaistotalement stable, le décor fluctue, oscille, balance doucement.

La combinaison de valeurs de plan, de mouvements caméra : c’est une recherche que mènent les cinéastes soucieux de dépasser les recettes admises. L’histoire du cinéma est ponctuée de réalisations poussant les relations de mises en scène vers des territoires encore inexplorés. Je dis bien mises en scène au pluriel puisqu’il...
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