Lien entre demographie et economie

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  • Publié le : 18 mai 2010
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Lien entre démographie et économie

Le lien entre démographie et économie a été depuis longtemps mis en lumière par de nombreux économistes, sans que la querelle entre malthusiens et anti-malthusiens soit définitivement tranchée. Le balancement de la pensée entre ces deux courants paraît cependant se stabiliser, et l’on observe en même temps un regain d’intérêt pour l’ensemble de ces questions,jusqu’ici réservées à des spécialistes. Les thèses qui contredisent la doctrine de Malthus sont de plus en plus accréditées par les démographes qui se fondent sur des projections et des analyses scientifiques.
Extrait du Permanences n° 366

Démographie et économie : un lien historique

L’ampleur des conséquences prévisibles dues à la chute de la natalité en France et en Europe apparaît enfiligrane à travers les projections des démographes. Il est donc nécessaire de s’interroger sur les bienfaits d’une population jeune et nombreuse, afin de dépasser les idées fausses qui parsèment les raisonnements actuels.
Un aperçu de l’histoire des idées démographiques [1] est un bon moyen pour entrer de plein pied dans ce monde dominé par la querelle entre malthusiens et anti-malthusiens.
Aucours du XVIème et du XVIlème siècle, le développement du mercantilisme, marqué par le souci omniprésent de se procurer des richesses, n’a pas empêché l’éclosion du populationnisme qui prône les bienfaits de la croissance de la population. Mais l’ensemble de ces thèses ne repose pas encore sur une connaissance scientifique de la population. Néanmoins une intuition apparaît déjà, formulée par JeanBodin en 1576 en des termes célèbres : "Il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de citoyens, vue qu’il n’y a ny richesse ny force que d’hommes". Les thèses mercantilistes se sont rapidement traduites par une augmentation des impôts, c’est pourquoi les idées populationnistes s’en sont peu à peu écartées.
Par ailleurs, Cantillon, un économiste du XVIllème siècle a démontré l’existence de troisdéterminants en faveur de l’augmentation de la population. Il y a d’une part un mode de vie relativement frugal... loin des velléités de nos sociétés, d’autre part des ressources suffisantes, et enfin l’usage des ressources par les propriétaires, moteurs de l’économie. L’optimisme de Smith, quant à lui, le conduit à affirmer que "la marque décisive de la prospérité d’un pays est l’augmentation dunombre de ses habitants". De plus la croissance démographique dépend des lois économiques.
Ainsi, lorsqu’il y a des limites économiques à la demande d’hommes, l’augmentation de la population est freinée. Il y aurait donc une loi de l’offre et de la demande, de sorte que le besoin de main d’oeuvre détermine le nombre d’habitants.
Mais c’est avec Malthus que l’étude de la démographie prend un nouveauvisage, lors de la parution en 1798 de l’"Essai sur le principe de population". Malthus déclare que "le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment plus grand que le pouvoir de la terre de produire la subsistance de l’homme". Aussi l’homme doit-il par tous les moyens pallier aux menaces de la loi de population. En effet, les moyens de subsistance ne croissent pas au même rythme que lapopulation. Par conséquent, lorsque la population augmente, ces hommes sont en trop : ils n’ont pas leur place "au banquet de la nature". La société n’a pas besoin de la force de travail qu’ils représentent parce qu’elle ne peut pas les nourrir. L’excès de population constitue d’ailleurs un frein actif à son augmentation par la mortalité qu’elle engendre. D’autre part, Malthus prône le retard del’âge du mariage, le célibat et la limitation des naissances.
Les thèses malthusiennes présentent une vision pour le moins étriquée du potentiel de la terre à produire des richesses, et surtout de la capacité de l’homme à s’adapter et à trouver de nouvelles ressources.
L’ensemble des discours malthusiens a été repris par les libéraux, et Jean-Baptiste Say n’a pas hésité à affirmer qu’il était...
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