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  • Publié le : 19 avril 2010
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La stratégie de la terre brûlée
Avec la règle du jeu économique actuelle la désindustrialisation est notre destin. A la place d'une économie, un désert...Depuis une trentaine d'années, les états ont lâchés la bride aux entreprises et ont poussé comme des forcenés à l'ouverture des frontières, se ralliant au panache malsain de l'OMC, pendant que les coûts et les temps de transport baissaientmassivement grâce au container et qu'Internet fluidifiait le transfert d'information.
Les grandes entreprises ont très vite compris l'intérêt stratégique de la globalisation : possibilité de baisser fortement les coûts de production en délocalisant dans les pays émergents, et, en un double effet kiss cool, possibilité de freiner voire de bloquer les hausse de salaire dans les pays occidentaux grâce àl'épée de Damoclès de la dite délocalisation. La globalisation a boosté de façon formidable les profits des entreprises, et contribue à expliquer que la part des salaires dans la valeur ajoutée, chère à notre président, se soit rétrécie comme une peau de chagrin.
De plus en plus d'entreprises sont même devenues « fabless », ne s'encombrant plus d'usines et d'ouvriers, mais transférant leurproduction à des entreprises de pays émergents. Elles combinent ainsi prix de vente élevés, coûts faible, et souplesse totale de la production, comme Apple ou Nike. Archos, entreprise « française » fait fabriquer tous ses produits en Chine. Seul le bureau d'étude reste français. La délocalisation permet non seulement d'exploiter un différentiel de coûts mais aussi de contourner les règles de protectionsociale des pays occidentaux.
Même les entreprises éventuellement réticentes à délocaliser sont obligées de le faire pour ne pas perdre pied dans la concurrence internationale. Renault ne produit pas la Twingo en Roumanie par plaisir mais par nécessité, et le pourcentage de l'état dans le capital n'y changera rien.
La globalisation a ainsi créé une divergence dramatique entre l'intérêt desentreprises et celui des pays ou elle ont leur siège. Entre le profit des unes et l'emploi des autres, la messe est dite.
Mais faut être deux pour danser le tango. Les partenaires des entreprises dans ce mouvement de délocalisation ont été la Chine et quelques pays asiatiques. Ajoutant au dumping social la sous évaluation de leur monnaie, ils sont devenus les usines du monde pour le jouet,l'électronique, le textile, et même le luxe.
L'intérêt des entreprises multinationales et celui des pays émergents convergent ainsi pour pratiquer une stratégie de la terre brûlée qui désindustrialise l'Occident...Seuls résistent les secteurs qui voyagent mal, comme le ciment, l'électricité ou les opérateurs télécoms, des secteurs très innovants, comme Internet, et des secteurs de création, comme les media.Mais touts les autres sont menacés.
La désindustrialisation va continuer. Demain, l'alliance des multinationales et des pays émergents peut faire disparaître des pays occidentaux la chimie, le raffinage, l'automobile, l'aéronautique, le nucléaire, les équipements télécoms, par avantage absolu social, monétaire, technologique, ou énergétique. Et avec ces industries, disparaîtront leurs soustraitant ou les fournisseurs de services.
De bonnes âmes, invoquant la bascule du primaire vers le secondaire et le tertiaire, traitent avec désinvolture cette évolution. Ils prédisent un monde idéal ou des français tous polytechniciens concevront les produits que les fourmis chinoises produiront avec diligence... Mais cette analogie est stupide.
L'emploi agricole a diminué non par délocalisationmais par gain de productivité.
Quand l'emploi industriel diminue par automatisation ou gain de productivité, l'évolution n'est pas malsaine. Mais quand l'emploi disparaît par délocalisation, les dommages collatéraux sont massifs. Avec l'emploi s'évapore tout un écosystème de savoir-faire, de sous traitants, de prestataires de services qui font de ce départ un adieu irréversible. A la vitesse à...
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