Lisbonne

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  • Publié le : 12 novembre 2010
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Exemple d’un Commentaire composé sur un extrait de Lisbonne, Livre de bord. Voix, regards, ressouvenances de José Cardoso Pires (pp. 9-26) Enseignante responsable : Flávia NASCIMENTO (Chargé de cours – 2ème semestre 2006) Université Bretagne-Sud – Lorient – Licence de Lettres modernes

L’Introduction Présentation : Comme nous l’indique déjà son titre, Lisbonne, Livre de bord. Voix, regards,ressouvenances1, de José Cardoso Pires, a comme sujet central la capitale portugaise, et se place ainsi au sein d’un vaste ensemble littéraire qui a fait de la ville son thème d’élection. Les littératures européennes en donnent plusieurs exemples aussi bien en prose qu’en vers, en particulier depuis la fin du 18e siècle, avec des auteurs comme Restif de la Bretonne, Charles Baudelaire, ÉmileVerhaeren, Alexandre O’Neill, et tant d’autres. Mais au-delà de cette parenté thématique, l’ouvrage que nous étudions ici est difficilement classable du point de vue de son genre. Il s’agit d’un de ces textes à statut problématique : il n’est pas un roman pas plus qu’une nouvelle ou un poème. Nous pouvons le considérer comme une sorte de récit, mais assez particulier : un récit de la ville. Car ce qu’ilnous raconte, ce qu’il nous « dit », c’est la ville de Lisbonne, en ce sens qu’il en reconstitue son histoire, pourrait-on dire, mais son histoire poétique et subjective. Cardoso Pires est connu surtout grâce à son œuvre de romancier (il est aussi auteur de nouvelles et contes) et, en tant qu’héritier du néo-réalisme (importante mouvance littéraire portugaise née dans les années 30), il a imprimé àses romans la marque de la critique sociale et de la résistance au salazarisme, régime totalitaire portugais qui a traversé une grande partie du 20e siècle (1926-1974)2. Lisbonne, Livre de bord, occupe donc, en raison de son statut particulier, une place à part aussi dans l’ensemble de l’œuvre de romancier de José Cardoso Pires. Situation : L’extrait que nous commenterons correspond à la partieinitiale du texte, qui débute par une épigraphe de Cervantès et se découpe, par la suite, en une vingtaine de petits morceaux signalés, la plupart du temps, par des intertitres tels que « Autres vues de la ville », « D’Arroios, d’Arroios », « Monument à l’hérésie sacrée (vue partielle) », « Les corbeaux (Rua das Farinhas) », etc.. En plein accord avec son titre, le récit nous invite dès le départ,1 2

Paru au Portugal en 1997 et en France, aux Éditions Gallimard, en 1998. Le mot « salazarisme » vient du nom du dictateur António Oliveira Salazares.

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nous les lecteurs, à suivre cette « voix » qui parle, ce « regard » qui se pose sur la ville, pour une promenade à travers deux sortes de parcours : ceux des souvenirs tout personnels du narrateur (ses « ressouvenances »), liés parexemple à son enfance, et ceux liés à une mémoire écrite de Lisbonne – la mémoire littéraire de la ville – qui coïncide souvent avec la mémoire du narrateur lui-même. Hypothèse de lecture : Le passage choisi pour ce commentaire dévoile une Lisbonne à deux visages : d’un côté, une ville invisible, de l’autre une ville visible. Et un autre double jeu vient se superposer à ces deux facettes de la villeici représentées : celui établi par l’opposition entre le regard subjectif que porte le narrateur sur sa ville et le regard que d’autres portent et ont porté sur elle. Mais dans les deux cas, le double jeu sert à dévoiler, à révéler la dimension insolite de Lisbonne, et souvent non sans une pointe d’humour. Annonce du plan : Afin de rendre palpable cette double structure sous-jacente à l’extraitcommenté (et à l’ensemble du texte, par ailleurs), notre démarche consistera à isoler, dans un premier temps, tous les traits ayant un rapport à ce que nous appelons la « ville visible » ; ensuite nous isolerons ceux qui se rapportent à la « ville invisible » ; et finalement, avant de conclure, nous proposerons la synthèse de ces deux dimensions exploitées par le narrateur dans ses déambulations...
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