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  • Publié le : 19 avril 2011
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Notre Cœur,
Maupassant, 1890

Notre cœur est le dernier roman achevé de Maupassant, publié en 1890. Disciple de Flaubert, Maupassant considère l’artiste comme investi d’un sacerdoce « qui exclut la femme autrement que comme distraction et satisfaction épisodique. » Ce dernier roman, comme Fort comme la mort, exprime la peur de l’artiste de deux dangers : la peur du monde dessalons, et la peur de la femme d’un type nouveau, apparue en cette fin de siècle.

L’incipit : intéresser et informer
Le pacte de lecture : réalisme et histoire de cœur
Le dialogue révèle un incipit in « medias res ». Travailler sur les sens de la dénotation et de la connotation : mondanité et réalisme qui se dégagent des expressions telles que « le célèbre auteur », « le jeune et illustre.Maître », « une des femmes les plus intéressantes du nouveau Paris », « un salon original, bien neuf, très vivant et très artiste. On y fait d’excellente musique ». Voilà ce qui constitue une rhétorique méliorative marquée par la présence de superlatif (plus, très). Création d’une sorte d’objet de valeur que représente le milieu décrit, et création de désir chez Mariolle (conjonction avec ce même milieu)par Massival de joindre le cercle de Mme de Burne. En même temps valorisation de la jeune femme (« c’est une fort jolie femme ») et présentation de son statut social. Notons le caractère élitiste du cercle d’intimes, trié sur le volet, que la jeune femme réunit autour d’elle.
S’ensuit l’accord de Mariolle sur insistance de son ami, et présentation du statut social du musicien. On peut voir danscette double présentation une sorte de pacte de lecture invitant le lecteur à anticiper une histoire de cœur entre Mme de Burne, jeune veuve de 28 ans, et André Mariolle, un célibataire distingué, plein de qualités, âgé de 37 ans.
Description : on en distingue cinq types :
- La topographie : description d’un lieu
- La chronologie : description d’une époque, d’une période
- Le portrait :description physique et morale d’un être animé
- Le parallèle : description de deux êtres, permettant comparaisons et effets de contraste
- Le tableau : description particulièrement vive et animée
*Faire le portrait des deux personnages : la description de Mariolle fait apparaître le portrait d’un dandy : raffinement, intelligence, finesse, caractérisent cet homme, esthète à souhait. Personnageplutôt solitaire, André Mariolle est un homme qui ne s’apprécie pas : « Je ne suis rien parce que je n’ai rien voulu être. » (p.54).
La description de Mme de Burne procède différemment : elle se fait en trois moments : le narrateur commence par mettre l’accent sur la décoration, l’agence, l’extraordinaire soin qu’elle apporte dans l’agencement de son appartement, et son penchant artistique. Ensuite,il rappelle les cinq années passées avec un époux « vaurien » et « rustre ». Enfin, il souligne l’aspect nouveau de la vie de la jeune veuve après la disparition de son mari. On retiendra de ce portrait essentiellement le champ lexical mélioratif du raffinement : « joli entresol », « beau jardin », salon « garni d’objets et de meubles exceptionnellement rares et simples, d’un goût pur et sobre ».Le portrait s’achève par l’échec subi par tous les amis qui ont essayé de la séduire. A noter que ce portrait s’achève deux pages plus loin (p.61-62) lorsque le narrateur procède à la description physique de la jeune femme qui souligne tous les traits de beauté : la chevelure, la finesse des traits, et l’élégance font de Mme de Burne une femme éminemment séduisante. Le double aspect à la foismoqueur et mélancolique lui confère un caractère d’autant plus énigmatique.
Tout semble converger vers la rencontre des deux personnages entre lesquels on peut établir un parallèle : le raffinement, l’amour du beau mais aussi une distinction de l’esprit semblent les réunir, et les dispose ainsi à s’unir dans une histoire de cœur.
La page 63 retient l’attention par l’observation relative...
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