Livre 1 chap 4 contrat social

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  • Publié le : 6 avril 2011
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Explication de texte philosophique
Livre I, chapitre IV, Du Contrat social, Rousseau

Texte étudié :
« Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme, et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôtertoute liberté à sa volonté. Enfin c'est une convention vaine et contradictoire de stipuler d'une part une autorité absolue et de l'autre une obéissance sans bornes. N'est-il pas clair qu'on n'est engagé à rien envers celui dont on a droit de tout exiger, et cette seule condition, sans équivalent, sans échange n'entraîne-t-elle pas la nullité de l'acte? Car quel droit mon esclave aurait-il contremoi, puisque tout ce qu'il a m'appartient, et que son droit étant le mien, ce droit de moi contre moi-même est un mot qui n'a aucun sens? »

Au cours de l’histoire, beaucoup ont tenté de justifier l’esclavage sous ses diverses formes et appellations. Existe-t-il un "droit d’esclavage", peut-on justifier l’esclavage par une convention, un "pacte de soumission" entre le maître et l’esclave ?C’est la question à laquelle Rousseau tente de répondre dans le chapitre IV du livre I du Contrat Social, qui traite de l’esclavage, ou plus précisément, de l’aliénation de la liberté. La thèse de Rousseau est la suivante : la liberté ne peut s’aliéner à aucun prix et toute convention reposant sur cette aliénation est nulle. Son texte comporte deux parties principales, la première traitant de cequ’est la liberté, et la seconde de la validité d’un hypothétique "pacte de soumission".
La liberté est habituellement définie comme l’absence de contraintes, l’esclavage est l’absence de liberté, la condition de ceux qui vivent sous la contrainte. Le "pacte de soumission" dont parle Rousseau serait donc une convention entre deux parties qui consisterait pour l’un à renoncer à sa liberté auprofit de l’autre, à se placer volontairement sous la contrainte.
On analysera le texte précisément, avant d’en discuter la thèse.

Dans une première partie, Rousseau affirme que la liberté est le propre de l’homme et n’a pas de prix.
En effet, la liberté est la "qualité d’homme", c’est-à-dire qu’elle définit, qualifie l’homme : bien que tous les êtres vivants capables d’agir pareux-mêmes soient libres du moment qu’aucune contrainte ne les retient, seul l’être humain peut être à proprement parler libre, puisque les animaux n’agissent que ‘par instinct’, poussés par leurs tendances naturelles, alors que l’homme est capable, par sa volonté et sa réflexion, de choisir d’agir contrairement à ses tendances naturelles. Hegel justifie cette différence par la conscience de soi,nécessaire pour être libre et que l’animal ne possède pas : comment agir librement si on n’a pas conscience de sa liberté ?
Rousseau parle de "renoncer à sa liberté" car certains philosophes de l’époque, comme Grotius, justifiaient l’esclavage – et la monarchie absolue – par le droit de chacun à aliéner sa liberté, c’est à dire à la vendre ou la donner, en un mot, à y renoncer. Or renoncersciemment à sa liberté, c’est renoncer à ce qui nous définit et ne nous appartient pas : la liberté n’est pas à nous, elle est ce que nous sommes. Elle est donc à la fois un "droit de l’humanité" et un "devoir" : elle engage une responsabilité de notre part autant que de celle des autres envers nous.
Il n’y a "nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout" : celui qui renonce àtout renonce aussi à tout dédommagement. Or, renoncer n’est pas le propre de l’homme : "une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme", écrit Rousseau. Chaque être sain d’esprit cherche à agir dans son propre intérêt, c’est la simple nécessité de survie qui le dicte. Celui qui est prêt à renoncer à tout est fou et donc, irresponsable de ses actes.
Si l’homme n’est pas...
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