Livre i chapitre6 du contrat social de rousseau

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  • Publié le : 3 juillet 2010
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Depuis son discours sur l’inégalité (Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, écrit en 1755), Rousseau s’intéresse aux différences entre l’homme naturel (le bon sauvage) et l’homme civil (corrompu par la société) qui a dû se constituer en société pour survivre, à cause de diverses vicissitudes survenues au fil du temps. Selon lui, l’homme sauvage se suffit àlui-même et est « sujet à peu de passions » n’ayant pas besoin des autres. Il ne connaît ni la guerre ni la propriété et se contente de s’occuper de sa propre conservation. Il en est autrement de l’homme social qui doit s’accommoder de ses semblables et trouver un système politique pour concilier des intérêts multiples et vivre en bonne intelligence. En 1762, paraît Du contrat social ou principes dudroit politique, essai de philosophie politique, dans lequel le citoyen de Genève, Rousseau, expose que le seul pouvoir politique légitime repose sur la volonté du peuple. Dès lors, il s’agit de définir les modalités de ce pouvoir. Dans le livre I, au chapitre 6, Rousseau propose ce qu’il nomme « le pacte social ». Nous examinerons en quoi consiste ce pacte. Nous verrons le mode de raisonnementadopté pour exposer le sujet et ses difficultés, puis les clauses et les principes fondamentaux de ce contrat.

I) Un raisonnement explicatif pour décrire le passage de l’état de nature à l’état social

A) De la nature à la société civile : exposé des causes et de leurs conséquences

- Rousseau part d’une hypothèse explicative personnelle, marquée par l’emploi du « je » : « Je suppose les hommes …» qui prend, comme principe de départ, un état de nature en péril : « Alors cet état primitif ne peut plus subsister ». Le vocabulaire de la menace : « obstacles, nuisent, périrait » et la tournure négative (ne … plus) marquent le danger pour sa survie de l’homme primitif, s’il persiste à vivre isolé de ses semblables. Rousseau s’en tient à des généralités, sans décrire la nature des « obstacles» rencontrés, c’est un philosophe et non un ethnologue !

- La conséquence de leur état de faiblesse individuelle pousse donc les hommes primitifs à se rapprocher. Mais cette « agrégation » ou « somme de forces » n’est qu’un premier état de la société. Rousseau insiste, par la répétition des termes, sur cette sorte d’assemblage d’hommes, constitué uniquement pour faire face à la résistance desobstacles naturels (par exemple, on peut imaginer des catastrophes, des maladies, des disettes).

- A ce stade de son raisonnement, Rousseau pose, avec une question rhétorique, le problème épineux de la préservation de la force et de la liberté individuelles, jusqu’alors indispensables à la conservation de chaque homme : « comment les engagera-t-il sans se nuire, et sans négliger les soins qu'ilse doit ? ».

- La réponse « théorique » est donnée aussitôt : il faut « trouver une forme d’association » qui garantisse la sécurité et les biens de chacun, tout en préservant la liberté individuelle. Sans plus de détails, Rousseau annonce une solution imparable : le contrat social. On voit bien que sa préoccupation majeure est cette indépendance, cette liberté originelle, qui risque d’êtrecompromise dès lors qu’un groupe social se forme.

B) Les clauses ou conditions du contrat

- Avant de définir les clauses, Rousseau pose le principe du respect absolu de celles-ci sous peine de nullité du contrat : « Les clauses de ce contrat sont tellement déterminées par la nature de l'acte que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet ». Les mêmes conditions doivents’appliquer partout et par tous : « elles sont partout les mêmes, partout tacitement admises et reconnues; jusqu'à ce que, le pacte social étant violé, chacun rentre alors dans ses premiers droits ». Il pose comme préalable l’indispensable volonté de chacun de respecter les conditions du contrat et d’entrer en société, ou de les bafouer et de retourner à l’état de nature. C’est à prendre en totalité...
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