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  • Publié le : 26 mars 2011
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Chapitre 1

J’essayais de refouler des souvenirs désagréables, en vain. J’avais beau m’occuper, mon esprit revenait sans cesse sur cette tragédie ineffaçable. Je revoyais perpétuellement cette scène pitoyable que je n’avais pas été témoin mais que l’on m’avait relaté des centaines de fois. Je connaissais toutes les circonstances.

Toute mes affaires avaient été réunies dans une énorme valisedont j’avais eu du mal à fermer tellement cela débordait. Pourtant je n’avais emporté que le strict minimum. J’empoignais la valise et la tirais vers la sortie. Heureusement qu’elle comportait des roulettes. Je chargeais avec difficulté mon bagage dans ma mini cowper qui s’affaissa sous le poids. Après avoir fermé le coffre, je me tournais une dernière fois vers la maison, là où j’avais vécutoute mon enfance, des souvenirs heureux qui refaisaient surface dans ma mémoire. Des larmes vinrent perlées à mes paupières. La gorge nouée, je m’assis sur le siège du conducteur et démarrais sans me retourner. Laissant derrière moi une partie de mon cœur, ma vie oubliée.
Sur la quatre vois, je sortis un papier de ma poche, une adresse et un plan y était inscrit. Je me dirigeais dans la directionque l’on m’indiquait et débouchais dans la grande ville de Philadelphie. C’est ici que j’allais désormais vivre, dans une nouvelle famille soit disant proche de mes défunts parents, les Mason dont je ne savais rien. Je ne les avais jamais rencontrés auparavant. Pourquoi allais-je chez eux ? Je n’en avais aucune idée. Je ne faisais que répondre au vœu de ma mère : vivre chez cette famille qu’elleaffectionnait tout particulièrement pour une raison inconnue.
Je traversais le centre ville, observant et essayant de mémoriser les lieux. Je passais devant une grande université et un Musée d’Art. Je n’eus pas le temps de voir les noms puisque je surveillais les panneaux directionnels. Je remettais à plus tard la visite de la ville en détail. Pour l’instant seule ma destination comptait. Aprèsun grand nombre de détours, je trouvais enfin le quartier. Plusieurs maisons de différentes teintes bordaient la route qui séparait le quartier en deux. Très fleuris, il était affable. Toutes possédaient des jardins à pelouse avec pour la plupart une piscine et une terrasse. Je compris que les habitants étaient aisés. En suivant la chaussée, je comptais les maisons pour découvrir celle où je devaishabiter. Ce fut la quinzième. A première vue, très spacieuse et chaleureuse tout comme les alentours. Un balcon dominait l’étage avec deux grandes baies vitrées d’où on ne voyait pas l’intérieur qui était protégé par des rideaux. Il y avait même un garage. Le jardin, lui était grandiose, séparé par un chemin de terre. Des arbres de toutes tailles, arbustes, des fleurs recouvraient le sol en unmassif coloré. Un peu plus loin, un ruisseau traversait tranquillement le côté gauche du jardin. Un pont l’enjambait. De l’autre côté, un banc en bois foncé était installé afin de pouvoir s’y asseoir. Aucune clôture ne délimitait cet endroit féérique. Béate, je sortis sans prendre le temps d’emmener ma valise. Je n’avais jamais aimé le jardinage mais cette fois-ci j’étais émerveillée. Je posaisles pieds sur l’herbe luxuriante en faisant bien attention de ne pas piétiner les pâquerettes qui jonchaient sur le sol de verdure.
J’aurais pu rester ainsi indéfiniment, à observer cette végétation si une femme n’était pas venue à ma rencontre. Une femme au sourire amical, des cheveux blonds qui lui tombait sur les épaules. Habillée d’une robe blanche qui lui seyait à la taille, et despantoufles qu’elle n’avait évidemment pas retirées pour sortir à l’extérieur. Plus elle approchait, plus je distinguais ses traits avec précision. Des fossettes apparaissaient lorsqu’elle souriait, signe qu’elle était joyeuse et continuellement de bonne humeur. Ses yeux bruns souriaient aussi, m’invitant à venir. En la voyant arrivée vers moi, une peur absurde grandissait en moi. La peur de l’inconnue....
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