Livropathe - des interviews et fragment du texte

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L’auteur, Thierry Debroux
Acteur, auteur et metteur en scène, Thierry Debroux, formé à l’INSAS à Bruxelles, a assuré plusieurs mises en scène notamment au Rideau de Bruxelles et au Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles.
Dans la plupart de ses pièces, il mêle réalité et fantastique au service d’un récit qui se reconstitue peu à peu, à mesure que les personnages se dévoilent.

Sonthéâtre :
- D’une (1987)
- Termini Roma.Groupe Aven, 1993 puis en version bilingue, néerlandais/français, chez Lansman 1996
- Crooner (1991)
- La nuit du 21 juillet 1969 (1993)
-Moscou nui blanche, Lansman, 1996
- Le clown et l’enfant sombre, Lansman, 1996
- La poupée Titanic, Lansman 1999
- Le livropathe, Lansman 2003

Termini Roma a reçu le prix du Meilleur spectacle du Jeune Théâtre à Bruxellesen 1992.
Moscou nuit blanche lui a valu un Prix de la Direction du Théâtre et des Spectacles à Paris. Elle a été traduite en russe et publiéa à Moscou. Elle a été créée à Mons et à Bruxelles en 2003, dans une mise en scène de l’auteur.
Récompensée en 1998 par le prix de l’Union des Artistes et le prix SACD-Lansman, La poupée Titanic a, par ailleurs, été nominée dans le cadre de divers concourset projets internationaux. Après sa création au Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles, elle a notamment valu à Thierry Debroux le Prix André Praga de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, et le Prix du « Meilleur auteur » lors de la remise des Prix annuels du théâtre belge en 2000.

À mon père, ouvrier la semaine
Et collectionneur les jours de repos.

Quin’a jamais reniflé un livre ?
L’origine du Livropathe est là, dans cette sensation olfactive liée à un souvenir d’enfant.
Mon père, ouvrier la semaine, collectionneur les jours de repos, m’emmenait faire un tour chez les bouquinistes de la capitale. Je passais des heures parmi toutes ces odeurs de livres d’occasion et j’aimais ça.
Y-a-t-il un rapport intime entre le contenu d’un livre et le fumetqui s’en dégage ?
Non ! répondront ceux qui craignent ces espaces flous où régne l’imaginaire.
Oui bien sûr ! clameront les autres et je suis de ceux-là.
Le livropathe appartient au genre fantastique, littérature qu’affectionnait particulièrement mon père.
Le « père » à nouveau, figure présente à chaque page. Le « père », si maladroit dans ses élans de tendresse mais qu’à travers les odeurs delivres, je pouvais rejoindre et comprendre.
Nos avions un terrain de chasse commun. Je collectionnais les Bob Morane, lui, tout ce qui avait un rapport proche ou lointain avec les étoiles, la vie dans l’univers, les grandes énigmes...
Une diseuse de bonne aventure lui avait prédit qu’il deviendrait marin et qu’il mourrait en mer. Il devint peintre en bâtiment et mourut d’une crise cardiaque àquelques centaines de mètres de cette gare peinte par Paul Delvaux, qui fut notre voisin pendant des années.
J’avais vingt-deux ans.
Nous avions souvent discuté de la mort. En riant, mon père me disait que le jour où celle-ci vientrait, il essayerait de me faire un signe, avant de rejoindre ses « étoiles ». « Je viendrai te tirer par les pieds », disait-il.
Le lendemain du malheureux jour où ils’écroula, je pris une grande feuille blanche que je découpai en une centaine de petits papiers. Sur chaque morceau, j’écrivis « non » et sur un seul de ces petits bouts de papier, j’écrivis « oui ». Je chiffonai tous ces petits morceaux et les disposai devant moi.
Très solennellement et en même temps fragile comme on peut l’être les jours de deuil, je me surpris à dire : « Papa, si tu veux me faireun signe, c’est le moment : fais-moi choisir le oui ». Pour rendre la chose plus sérieuse, je posai mon front sur le tas de morceaux de papier. Je me concentrai quelques instants puis je relevai la tête. À ce moment-là, je m’aperçus qu’un de ces morceaux était resté collé à mon front. Le morceau tomba brusquement devant moi. Je le dépliai, fébrilement, et je lus le petit mot que...
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