Lobjet dans l'art

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  • Publié le : 4 mai 2010
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INTRODUCTION
REPRÉSENTER L’OBJET
L’EXPÉRIENCE CUBISTE
• Georges Braque (1882-1963)
• Pablo Picasso (1881-1973)
DÉTOURNER L’OBJET RÉEL
DE DUCHAMP AUX SURRÉALISTES
• Marcel Duchamp (1887-1968)
Les ready-made
• L’objet insolite des surréalistes
UNE SOCIÉTÉ D’OBJETS
POP ART AMÉRICAIN ET NOUVEAU RÉALISME
• Le Pop Art américain
• Les Nouveaux réalistes
MISES EN SCÈNE DEL’OBJET
DES MYTHOLOGIES PERSONNELLES
• Joseph Beuys (1921-1986)
• Bertrand Lavier (1949)
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
INTRODUCTION
L’objet traverse la tradition picturale occidentale dès l’antiquité. Mais c’est au XVIe siècle que la représentation de l’objet inanimé devient autonome et constitue un genre à part entière, celui de la nature morte, qui se canonisera alors en tant quepeinture d’objets qui posent, comme suspendus dans le temps et agencés par la main de l’artiste.
Crânes, instruments de musique, miroirs, corbeilles de fleurs et de fruits semblent enfermer le spectateur dans le monde muet des choses. Les XVIe et XVIIe siècles hollandais seront riches en tables servies de verres transparents et de fruits épluchés, tandis que les vanités s’affirment en France oùbrillera un siècle plus tard le génie incontesté de ce genre : Chardin.
Cézanne fera de la nature morte, car elle présente un répertoire inépuisable de formes, de couleurs et de lumières, le champ de prédilection de sa création picturale. Les cubistes y verront le genre le mieux adapté pour rendre, en peinture, la question de la représentation de l’espace. Déjà en 1912 avec sa révolutionnaireNature morte à la chaise cannée, Picasso introduit dans le tableau un bout de toile cirée pour le cannage et une corde pour matérialiser l’ovale du cadre. Des éléments prélevés au réel remplacent donc, par endroits, la représentation et dialoguent avec les parties peintes. L’objet ou plutôt des fragments d’objets réels envahissent la représentation.
Mais c’est à Duchamp que revient le geste radicaltransformant, par la seule déclaration de l’artiste, l’objet quotidien manufacturé en œuvre d’art. Les premiers ready-made datent de 1913. Depuis, l’objet sort du cadre de la peinture et envahit le monde réel se présentant en tant que tel dans la scène de l’art. Il se prêtera aux détournements et aux assemblages les plus surprenants des surréalistes, aux “accumulations”, “compressions” etdifférents “pièges” des Nouveaux réalistes, aux mises en scène de la nouvelle sculpture objective contemporaine, en passant par l’adhésion enthousiaste et critique à la fois du Pop art américain qui a fait d’une société de consommation et de ses objets le sujet principal de son art. L’objet interpelle l’art au XXe siècle, son statut et ses limites, qu’il repousse de plus en plus loin.
C’est une traverséedes collections du Musée national d’art moderne à l’enseigne d’un des événements artistiques majeurs du siècle dernier, “l’affirmation de l’objet”, que ce dossier propose.
ReprÉsenter l’objet
L’expÉrience cubiste
Violons et bouteilles, guitares et guéridons, journaux et verres peuplent les natures mortes cubistes. Dénoué de toute action, ce genre pictural sert à merveille lesrecherches plastiques de Braque et de Picasso entre 1910 et 1914. L’objet y est représenté dans ses mille facettes en une diffraction de plans qui le développent dans l’espace. La vision monoculaire de la perspective classique vole en éclats à l’enseigne d’une multiplication des plans qui se rabattent à la surface de la toile.
Georges Braque (1882-1963)
{draw:frame} Cinq bananes et deux poires,**1908
Huile sur toile
24 x 33 cm
Braque explore ici le motif du compotier de fruits avec une référence explicite à Cézanne. Il est superflu d’évoquer l’influence de Cézanne sur la peinture cubiste mais Braque le fait d’une façon consciente et singulière. Il reprend le motif des natures mortes et le développe dans une dynamique spatiale où ce qui prime est la continuité de l’espace encore...
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