Locke

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  • Publié le : 22 novembre 2010
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John Locke
Essai sur l’entendement humain
Livre II, chapitre 23, § 7-8
En 1690 paraît la première édition de l’Essai sur l'entendement humain de John Locke (1632-1704). Dans cet ouvrage l’empirisme est roi, et toute idée prend sa source dans le monde sensible. Le premier livre est une critique de la théorie de l’inné, tandis que le deuxième livre, une fois l’inné réfuté, est consacré àla présentation et l’explication complexe des thèses de Locke. Composé de trente-trois chapitres divisés eux-mêmes en paragraphes numérotés, le deuxième livre de l’essai de Locke nous renseigne entre autres choses, sur ce qu’il entend par « idées », simples ou complexes, par « pouvoir », par « substances », outils dont nous nous servirons pour tenter d’expliquer les paragraphes sept et huit duchapitre vingt-trois du deuxième livre.

Nous verrons que les idées que l’on classe dans une substance sont entre autres choses le résultat des pouvoirs actifs et passifs qui ont atteint notre esprit ; les qualités pourraient être associées aux pouvoirs : puisque nous déterminons ces qualités par rapport aux pouvoirs de la substance que nous analysons. Nous savons par exemple que le feu a lepouvoir de nous brûler car nous en ressentons l’idée, la qualité de forte chaleur par exemple, grâce à notre sens du toucher. Nous essaierons d’expliquer ensuite le phénomène qui fait que le pouvoir d’un corps nous aide presque plus, en agissant sur nous, à déterminer la nature ou certaines idées simples du même corps, que nous avons du mal à discerner avec seulement la vision par exemple. Enfinnous nous demanderons comment l’expérience sensible peut modifier notre jugement sur la substance et ce que cela implique en termes d’enjeux comme la vérité ou la connaissance.

Ce septième paragraphe fait intervenir les « pouvoirs ». Chez Locke, ces pouvoirs font partie à la foi des idées de réflexion et de sensation. Autrement dit les pouvoirs peuvent être classés dans ce que Lockeappelle les idées simples. Ce que semble dire Locke en tout premier lieu ici, c’est que les pouvoirs sont parties intégrantes de l’idée complexe que l’on peut avoir d’une substance. La substance chez Locke, c’est le « support » de toutes les idées qui composent un corps, un objet : dans le paragraphe 2 du chapitre 23, au livre II, il est question justement d’expliquer ce que sont les substances. Ils’avère qu’elles sont au départ ce que l’on pourrait appeler des « coquilles vides », attendant d’être remplies par ce que nous-mêmes découvrons comme qualités à cette substance. La substance ne prend une certaine consistance et n’existe dans notre esprit qu’au fur et à mesure qu’on lui trouve ou qu’on lui reconnaît des qualités, des idées simples ou complexes, des pouvoirs. C’est notre expérience dumonde qui petit à petit va façonner diverses idées en nous de diverses sortes de substances, par exemple eau, chien, fer. Plus nous avons d’idées concernant ou se rapportant à une substance, plus celle-ci devient complexe : une somme de plusieurs idées simples de qualités sensibles qui se regroupent au sein d’une catégorie, si l’on peut dire, nommée chien par exemple. La substance peut être pluscomplexe. Au début, ce sont des qualités comme poilu, marche à quatre pattes, queue, qui vont former dans notre esprit l’idée d’une substance appelée chien. Mais au fur et à mesure de notre expérience, nous serons confrontés à d’autres qualités faisant parties de la substance « chien » : poils long, museau fin et long, queue touffue, créeront une nouvelle « sous-catégorie » dans l’idée de chien :colley par exemple. Et plus notre expérience sera riche, plus la substance sera complexe. Nous n’avons cependant pas d’idée claire de la substance. Elle reste quelque chose d’abstrait qui nous sert de support (II, 23, 4). Les diverses sortes de substances sont donc des combinaisons, parfois assez complexes, d’idées simples de qualités se référant à quelque chose de précis, auxquelles on aura...
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