Lois politiques

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  • Publié le : 23 juin 2010
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Libertés politiques et participation au pouvoir législatif
 
            Les lois et les monarques et autres magistrats d’autorité, tolèrent, moins encore que les religions, la désobéissance et l’insoumission et donc l’esprit critique. L’autorité de l’Etat, des lois et des les institutions, veulent être respectés et de se faire respecter « Le pouvoir qui, dans l’Etat, donne à la loi son effetest irrésistible et qu’il n’existe aucune république juridiquement constituée qui ne dispose d’un tel pouvoir pour écraser toute résistance intérieure ». L’antinomie redoutable de la liberté personnelle et de l’autorité publique, de l’individu et de la société semble ruiner l’idéal de liberté rationnelle de Kant. Comme il n’est aucune société dans laquelle il ne soit possible de dire, avec raison,qu’une minorité, experte dans l’art de s’emparer des leviers de commandes, y exploite une majorité légitimement encline à se révolter, comme réciproquement, il n’est aucun pouvoir, désireux d’asseoir sa légitimité sur le consentement et l’amour de ses sujets plutôt que la seule violence, qui ne souhaite recouvrir sa vérité secrète d’un voile pudique, tous les Etats surveillent étroitementl’opinion, la paroles et les écrits de leurs sujets.
Leur ruse la plus habile est le paternalisme : « ces tuteurs qui, dans leur extrême bienveillance, ont pris sur eux d’exercer une haute direction sur l’humanité, après avoir d’abord abêti leur bétail et avoir empêché avec sollicitude ces paisibles créatures d’oser faire un pas hors du parc où ils les ont enfermées, leur montrent le danger qui lesmenace s’ils osent s’aventurer au-dehors. » L’argumentation kantienne consistera à montrer que l’esprit de liberté est le meilleur garant de l’Etat, de sa stabilité, de sa valeur et de sa « perfectibilité ». « Même au regard de sa législation, il est sans danger d’autoriser ses sujets à faire publiquement usage de leur propre raison et à exposer publiquement au monde leurs propres idées sur unemeilleure rédaction de ladite législation, même si elles sont assorties d’une franche critique de celle qui est en vigueur. Un degré supérieur de liberté civile semble bénéfique à la liberté de l’esprit du peuple. »
Nous touchons là au versant politique de la notion de liberté ou plutôt des libertés. Celles-ci supposent qu’il existe un espace public légalement reconnu et défendu par l’autorité del’Etat. Kant, fidèle en cela à la notion de contrat social, en critique la conception monarchique, traditionnelle et personnelle. Il cherche à défendre l’idée neuve de vie publique et de participation active des citoyens et de l’opinion publique à la chose publique. Si toute Souveraineté politique vient d’un pacte, elle vient du Peuple. Il est donc nécessaire qu’il y ait consentement éclairé et actif detous les citoyens aux questions politiques, c’est-à-dire liberté de pensée, instruction, presse, partis. Le « Sapere aude » vaut aussi en matière politique.
Reste à montrer comment cette liberté peut se concilier avec l’absolu nécessité de l’obéissance à l’Etat. Reste aussi à examiner le cas d’un Etat tyrannique ou d’un usage tyrannique de la force publique.
 
1. L’état de nature et la théoriecontractualiste du pouvoir.
 
« Il n’y a pas de liberté sans lois ni là où un homme est au dessus des lois » dit Rousseau. Le contrat résout le problème des libertés publiques par un échange fondateur. Chacun renonce à sa liberté naturelle au profit d’une autorité supérieure, l’Etat, et y gagne sous sa tutelle, la liberté réelle civile et politique du citoyen. « Ce que l’homme perd, dit-il, parle contrat social, c’est la liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu’il peut atteindre ; ce qu’il gagne, c’est la liberté civile et la propriété de tout ce qu’il possède. [...] On pourrait ajouter à l’acquis de l’état civil la liberté morale, qui seule rend l’homme vraiment maître de lui ; car l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi...
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