Loisir travail

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  • Publié le : 22 mars 2012
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Travail et loisir
Il faut éviter de confondre travail et activité. Si nous raisonnons dans la dualité, les oppositions se marquent ainsi : activité/repos et travail/loisir. Le travail est une forme d’activité, le loisir, en est une autre. Ce qui s’oppose à l’activité, ce n’est pas le loisir, mais le repos. Le repos n’existe que de manière relative, comme besoin imposé à l’organisme poursa régénération. Si nous n’éprouvions pas de fatigue, notre besoin de repos diminuerait et nous serions plus actif. C’est une loi métaphysique, dans l’univers l’activité est constante et rien n’est inactif. Il est strictement impossible d’échapper à l’activité. Le seul fait de respirer est déjà une activité. A chaque instant, notre corps est engagé dans une extraordinaire activité d’échanges. Dece point de vue, le repos « absolu », (R) c’est la mort. Et encore. De fait, cela n’existe pas. Un cadavre qui se décompose est encore le siège d’une intense activité !
Il est d’usage de considérer le travail comme une forme d’activité dont la motivation est « économique », (texte) tandis que le loisir est une activité qui est motivée par le « plaisir ». En partant de ce point de vue, si jecultive des légumes dans mon jardin, si je bricole dans mon garage, c’est un loisir ; mais si je porte les légumes au marché pour les vendre et si je vends les voitures que je retape dans mon atelier, c’est un travail. On dit alors : « tout travail mérite salaire » ! Bref, dans le sens commun, on est sensé faire des efforts en travaillant, pour gagner de l’argent ; en contrepartie, on gagne ledroit d’avoir le plus possible de loisir… pour le dépenser !
La définition est très superficielle. Elle est le reflet de la postmodernité et de sa mentalité dominante, dans la figure typique du consommateur. Dès que la passion est présente, ce que l’on appelle « loisir » peut fort bien comporter un travail acharné ; pensez au musicien qui fait des exercices pendant des heures et répète.Inversement, certains travaux dans lesquels l’homme est confiné à une surveillance d’un écran, ressemblent fort à ce que l’on entend par « loisir » le plus souvent : S’enfoncer sur un canapé pour regarder la télévision. Alors ? N’est-ce pas pour compenser un travail ennuyeux que nous accordons tant d’importance au loisir ? Ce qui reste problématique car, si le travail n’a pas de sens, le loisir peut-ilseulement en avoir un ?
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A. De l'expérience consciente du travail
Quand avons-nous le sentiment de travailler ? Nous pourrions prendre cette question par la négative : quand ce n’est pas une punition, quand nous ne nous contentons pas d’un effort stérile, quand notre activité n’est pas inutile ou dépourvue de sens. Dit autrement, nous avons le sentiment de travailler quand l’activitéest hautement gratifiante, quand l’effort accomplit s’achève dans une œuvre, quand nous sommes assurés d’avoir effectivement contribué à un bienfait utile à tous, quand notre activité est riche et pleine de sens. Mais cela suffit-il pour nous dire ce qu’est le travail ?
1) Ce point de départ nous reconduit vers quelques observations utiles. « L’effort pour l’effort », cela n’a guère desens. Harponner un écolier pour lui dire de travailler, comme un sergent ferait une harangue au soldat pour lui faire faire trois fois le tour de la caserne, ce n’est guère motivant. Ce qui manque, c’est au minimum une bonne raison. Mais ce n’est pas assez. Au degré le plus élevé, ce qui est réellement parfaitement suffisant, c’est l’enthousiasme à faire une chose, avec pour seul moteur le plaisir dele faire. Ainsi, le poids de la contrainte sociale ne valide pas le sentiment intérieur du travail. Considéré à part, l’effort peut aussi être désordonné ; ou bien, il peut être une manière de décharger un surplus inutilisé de force vitale. Bref, être une forme de défoulement. L’effort pour l’effort peut n’être que compulsif : quand le sujet se fait une obligation impérieuse de s’épuiser sur un...
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